Le fossé avec les travailleurs s'accroît!
L’insatisfaction latente croît chez les travailleurs, révèle le dernier baromètre sur la satisfaction au travail publié par Tempo-Team. Le constat est sombre: un travailleur sur deux souffre d’une trop grande charge de travail. L’importance du salaire diminue, mais un travailleur sur deux reste insatisfait à ce sujet. 21% des travailleurs veulent changer de travail. La rétention sera le grand défi à la reprise.
Ce baromètre, qui mesure les différentes dimensions de la satisfaction des travailleurs et des employeurs, est le résultat d’une enquête réalisée en janvier 2010 auprès d’un échantillon représentatif de 626 travailleurs fixes et temporaires et de 154 HR managers par le bureau d’études indépendant InSites Consulting. La première édition du baromètre avait été publiée en 2008. Cette année, l’enquête de satisfaction a été menée pour la première fois en parallèle aux Pays-Bas et au Luxembourg.
Bien que 79% des répondants soient d’une manière générale satisfaits de leur travail, il existe une grande insatisfaction en ce qui concerne les perspectives de promotion (71%), la charge de travail (57%), le salaire (52%) et les possibilités de formation (50%). L'enquête révèle aussi que la satisfaction diminue par rapport à plusieurs dimensions du travail et on observe une croissance latente de l’insatisfaction par rapport aux années précédentes.
Appel au changement
Le surcroît de stress et la charge de travail trop élevée, l’insuffisance de promotions et de possibilités de développement pèsent sur la loyauté des travailleurs. C’est ainsi que 53% des travailleurs souhaitent changer de job en interne et 21% envisage de changer d’entreprise. Si cette intention de mobilité élevée ne se manifeste pas sur le marché, c’est en raison de la crise. La raison de ne pas changer d’employeur est essentiellement imputable à la crainte que la nouvelle fonction ou le nouvel employeur n’apportera aucune amélioration.
Investir dans la rétention
Pas moins de 90% des employeurs se disent satisfaits de leurs travailleurs et se considèrent comme des entreprises où il fait bon travailler et offrant des conditions attrayantes. Il est clair que bon nombre d’employeurs se surestiment. On observe par exemple que 78% d’entre eux sont satisfaits de leur politique salariale, alors que cela n’est le cas que pour 48% des travailleurs. 41% affirment offrir suffisamment de perspectives de promotion, mais 21% seulement des travailleurs sont d’accord avec ce point de vue. 73% des employeurs pensent qu’ils investissent suffisamment dans la formation de leurs travailleurs, mais à peine 50% de ces derniers sont de cet avis. Si les employeurs n’investissement pas activement dans une politique de rétention convaincante, il existe un risque réel de voir la rotation augmenter substantiellement une fois que la crise économique sera passée.
Les intérimaires se sentent bien dans leur peau
Le baromètre de satisfaction pour les trois pays du Benelux fait apparaître que les travailleurs fixes néerlandais et les intérimaires luxembourgeois sont les plus satisfaits. Il convient toutefois de noter que le fossé de satisfaction entre travailleurs fixes et temporaires est le plus minime dans notre pays et qu’il est bien plus profond chez nos voisins. Ceci atteste d’une bonne intégration des intérimaires dans nos entreprises.
Une des constatations marquantes de l’enquête est que, en dépit de la crise économique et de l’incertitude qu’elle engendre, un grand nombre d’intérimaires (39% en Belgique) déclarent vouloir garder ce statut. C’est encore toujours plus que les 32% enregistrés lors de la première mesure effectuée dans le baromètre de janvier 2008, avant le début de la crise. 67% considèrent le travail d’intérimaire comme un travail à part entière.
"Il est évident que le climat de restructurations et de fermetures d’entreprises jette une ombre sur la satisfaction globale des travailleurs, déclare Corné Verbraak, CEO Tempo-Team. Les intérimaires sont mieux armés contre ce phénomène parce qu’ils sont habitués à changer d’emploi et à s’adapter à de nouvelles situations. Le fait que les intérimaires soient considérés comme des travailleurs à part entière par une proportion de plus en plus importante d’employeurs, actuellement 55%, renforce également leur satisfaction. Malgré la crise, nous continuons dès lors à investir dans des programmes de loyauté et de rétention de nos intérimaires, afin de garantir la continuité de notre prestation de services."
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