Les salariés plus critiques vis-à-vis de la GRH
Les récents développements en matière de GRH apparaissent franchement positifs et, pourtant, les salariés se déclarent nettement moins satisfaits de la politique RH dans leur entreprise qu’il y a sept ans. C'est ce qu'indique une enquête de Randstad qui explique cette évolution par l'impact de la crise économique. Autre fait marquant, les salariés se montrent moins satisfaits quant à l’équilibre entre le travail et la vie privée.
Comme en 2002, le bureau d’études ICMA International a interrogé (pendant l’été 2009) quelque 3.000 personnes sur la politique des ressources humaines dans leur entreprise. La principale constatation est que le taux de satisfaction à l’égard du département RH a baissé par rapport à 2003, de 7/10 à 6,4/10. Constatation frappante: l’étude ne permet pas dans son ensemble de trouver une justification objective à cette baisse. On peut supposer que la crise économique explique cette baisse d’appréciation, relève Randstad.
On apprend que les salariés suivent plus de formations qu’il y a 7 ans: 60% des salariés ont suivi au moins une formation au cours des 12 mois écoulés. En 2002, ce pourcentage était de 39%. La plupart des formations se situent dans le prolongement de la fonction exercée et se déroulent pendant les heures de travail (84%). C’est l’employeur qui paie la facture dans 86% des cas. Cela n’a pas changé depuis 2003. Les plus de 50 ans suivent davantage de formations aujourd’hui, ce qui est positif.
Toujours plus d’entreprises (67%) effectuent des entretiens d’évaluation. En 2003, ce pourcentage était de 44% seulement. C’est également le cas pour les plus de 50 ans. Des efforts sont accomplis pour maintenir au sein de l’entreprise cette catégorie de salariés en les motivant réellement. Ce qui est moins positif, c’est qu’il faut constater que les salariés se déclarent moins satisfaits de ces entretiens qu’en 2002. (de 7 à 6,6/10)
Globalement, les avantages extra-légaux gagnent en importance. Parmi les avantages extralégaux les plus appréciés, il faut mentionner par ordre: l’assurance groupe/pension complémentaire, l’assurance hospitalisation, les chèques-repas, les frais de remboursement, et la voiture de société. Il y a toutefois une grande différence entre les avantages souhaités et ceux qui sont réellement accordés. La voiture de société est l’exemple type de l’avantage plébiscité par un grand nombre de salariés. 40% des répondants souhaiteraient avoir une voiture de société alors que dans la réalité seul un salarié sur cinq y a droit.
Ce qui est inquiétant, c’est que l’équilibre entre le travail et la vie privée est jugé moins bon. Le taux de satisfaction a baissé de 7,3/10 à 6,8/10. Un recul dans toutes les catégories. Mais plus la fonction est élevée, plus le recul est important. Globalement, les salariés ne sont pas entièrement satisfaits des systèmes de flexibilité proposés. (horaires variables, temps partiel, crédit-temps, congé parental…) Les scores restent en dessous de 6 pour la plupart de ces formules. Seul le congé parental obtient un score de 7. Les profils les plus qualifiés sont les plus critiques. Ces scores relativement bas sont étonnants car il faut bien constater que la flexibilité en matière d’équilibre travail-vie privée n’a fait qu’augmenter depuis 2003. Les salariés d’aujourd’hui se montrent donc plus exigeants. Serait-ce une conséquence d’une intensification croissante du travail?
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