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Les equity incentives gardent la cote

Les equity incentives (plans d'intéressement à long terme fondés sur des actions) resteront un outil privilégié pour lier la rémunération des cadres et dirigeants aux objectifs stratégiques de l’entreprise et à sa performance à long terme. C'est ce qu'indique la dernière enquête de PwC. Leur notoriété et leur utilisation devraient même s’accroître dans les années à venir.

PricewaterhouseCoopers vient de publier Leading the rebound: equity compensation in the spotlight – 2009 Global Equity Incentives Study, sa sixième enquête sur les pratiques en matière de plans d’intéressement à long terme fondés sur des actions (plans d’attribution d’actions, options sur actions,…) Cette enquête a été conduite en 2009 dans un contexte où, suite à la crise financière, les politiques de rémunération des cadres et dirigeants ont été mises sous les feux de la rampe et souvent critiquées, en particulier dans le secteur financier.

A cet égard, de nombreuses initiatives ont été prises au niveau tant international que national en vue d’encadrer les politiques de rémunération dans le secteur financier mais aussi dans les autres secteurs d’activités. En Belgique, ces initiatives se sont concrétisées par une recommandation de la CBFA qui établit les principes auxquels les politiques de  rémunération devront dorénavant satisfaire dans le secteur financier. Plus récemment, le législateur belge vient d’adopter des règles strictes en matière de gouvernement d’entreprise pour les sociétés belges cotées et d’encadrer les modalités d’attribution des rémunérations variables et des equity incentives de leurs administrateurs et dirigeants exécutifs.

Les résultats de l’enquête PwC montrent que les equity incentives resteront un outil privilégié pour lier la rémunération des cadres et dirigeants aux objectifs stratégiques de l’entreprise, à sa performance à long terme et à une gestion saine et efficace des risques. Leur notoriété et leur utilisation devraient même s’accroître dès lors que la tendance est à différer le paiement d’une partie significative des bonus à court terme et d’en indexer le montant sur des indices de performances dont le cours de l’action. Selon PwC, on peut donc s’attendre à ce qu’un nombre croissant d’equity incentives soit lié à des indicateurs de performance ajustés par le risque. Le fait qu’on ait récemment assisté à une augmentation des attributions gratuites d’actions qui n’étaient pas liées à des conditions de performance témoigne d’une tendance purement conjoncturelle, motivée par des impératifs de rétention et de motivation de cadres et dirigeants à court terme dans un contexte de crise financière.

Vigilance plus marquée

Au-delà de réglementations plus coercitives, on observe également une vigilance plus marquée  des actionnaires dans le processus d’adoption des equity incentives. Si seulement 50% des sociétés ont soumis leurs equity incentives à l’approbation de leurs actionnaires, dans 90% des cas, ces plans ont été approuvés. On observe cependant que les majorités auxquelles les plans sont approuvés ont tendance à se réduire. Cette tendance  donnera certainement un rôle stratégique aux comités de rémunération appelés à défendre leurs politiques de rémunération en justifiant une réelle convergence d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants.

On notera également que 50% des entreprises interrogées n’anticipent pas une augmentation des rémunérations des dirigeants exécutifs à court terme alors qu’elles sont près de deux tiers à en anticiper une dans les cinq ans. Ceci témoigne vraisemblablement du fait qu’au moment où l’enquête a été conduite, les entreprises n’envisageaient pas une reprise à court terme mais plutôt à moyen ou long terme. S’agissant du long terme, cela pourrait également révéler qu’elles anticipent une inflation des rémunérations des dirigeants exécutifs dès lors que l’attribution de leur rémunération variable sera soumise à des conditions plus strictes qu’auparavant (dont des conditions de performance ajustées par le risque). On peut en effet s’attendre à ce que les dirigeants exécutifs sollicitent une compensation pour le fait que les conditions d’attribution de leurs rémunérations variables soient devenues plus strictes.

Il semble aussi que, même si certaines sociétés ont procédé à un ajustement du prix d’exercice des options devenues "underwater" en raison de la chute des marchés, ce phénomène soit moins répandu que lors de la débâcle boursière du début des années 2000. On peut spéculer que certaines sociétés attendent la confirmation d’une reprise pour lancer un programme d’échange d’options. La pression des actionnaires et les nouvelles règlementations applicables visent à ce que les politiques de rémunération des entreprises soutiennent leurs objectifs stratégiques et leur performance à long terme tout en prévenant des prises de risque excessives. Selon PwC, ces tendances conforteront et renforceront même le rôle stratégique joué par les equity incentives dans les politiques de rémunération

Tags: Crise, Rémunération, Etude, PwC, Incentives, Actions, Intéressement, Cadres

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