Les villes passées au crible du coût d'expatriation
Luanda en Angola est la ville la plus chère du monde pour les expatriés. C'est ce qui ressort de la dernière enquête sur le coût de la vie réalisée par Mercer. Tokyo occupe la deuxième place et N'djamena au Tchad arrive en troisième position. Bruxelles se situe au 53ème rang, et Luxembourg au 55ème. Paris est en 17ème position. Karachi se situe à la dernière place et est donc la ville la moins chère du monde.
Cette étude Mercer couvre 214 villes à travers les cinq continents et compare le coût de plus de 200 articles dans chaque localité: logement, transport, nourriture, habillement, appareils ménagers, loisirs. Il s’agit de l’enquête la plus complète réalisée au niveau mondial sur le coût de la vie. Elle vise à aider les gouvernements et entreprises multinationales à évaluer le montant des primes d’expatriation pour leurs salariés en mobilité internationale. Dans cette enquête, New York est utilisée comme ville de référence portant l’indice 100. Toutes les villes lui sont comparées et les variations monétaires sont déterminées par rapport au dollar américain. Le coût du logement – représentant souvent la plus grosse dépense pour les expatriés - joue un rôle important dans le classement des villes.
Pour la première fois, le top 10 des villes les plus chères du monde inclut trois agglomérations urbaines africaines: Luanda en Angola (1ère du classement), N'djamena au Tchad (3ème) et Libreville au Gabon (7ème). Le top dix inclut également trois villes asiatiques: Tokyo (2ème position), Osaka (6ème) et Hong Kong (8ème ex æquo). Moscou (4ème), Genève (5ème) et Zurich (8ème ex æquo) sont les villes européennes les plus chères, suivies de Copenhague qui arrive en 10ème position.
Nathalie Constantin-Métral, Analyste Senior chez Mercer et coordinatrice de l'enquête, commente: "Au cours de ces dernières années, les affectations professionnelles ont pris une tournure résolument internationale, avec des transferts d'expatriés et d'employés en mobilité internationale partout dans le monde. Cependant, la mobilité internationale demeure encore une démarche coûteuse pour les entreprises, si bien que la sélection des bons candidats ainsi qu'une parfaite compréhension des coûts qu'implique le déménagement de salariés dans d'autres pays sont essentielles, en particulier dans le contexte économique actuel. Les villes sont sélectionnées sur la base des demandes de nos clients multinationaux. Les villes africaines notamment sont maintenant fortement représentées dans le classement, reflétant ainsi l'importance économique grandissante de la région aux yeux des entreprises internationales, dans tous les secteurs d'activité."
Europe et Moyen-Orient
Après Moscou, Genève, Zurich et Copenhague, les villes les plus chères d'Europe sont Oslo en Norvège (11ème position), Milan en Italie (15ème), Londres et Paris (17ème ex æquo) et Bern en Suisse (2ème). Les autres villes européennes affichant un coût de la vie élevé sont Rome (26ème), Vienne (28ème), St Petersbourg (30ème), Amsterdam (35ème), Bakou (36ème), Dublin (42ème), Istanbul (44ème), Barcelone (49ème), Francfort (50ème), Madrid (52ème) et Lisbonne (72ème). La ville de Riga arrive en 81ème position, suivie de Budapest (94ème), Varsovie (96ème) et Tallinn (115ème). La ville la moins chère d'Europe est Tirana en Albanie (classée 200ème), suivie de Skopje en République de Macédoine (197ème), Sarajevo en Bosnie-Herzégovine (196ème), Minsk en Biélorussie (192ème) et Belfast au Royaume-Uni (182ème).
Tel Aviv (en 19ème position) est la ville la plus chère du Moyen-Orient, suivie d'Abu Dhabi (50ème) et de Dubaï (55ème). Avec la 186ème place, Tripoli en Lybie est la ville la moins chère du Moyen-Orient, suivie de Djeddah en Arabie Saoudite (181ème) et Muscat dans le sultanat d'Oman (I76ème). "Les frais de logement ont continué de diminuer à Abu Dhabi et à Dubaï, entraînant ainsi une baisse du coût de la vie pour les expatriés. Les classements sont par ailleurs très sensibles aux variations des taux de change, indique-t-elle. Toutefois, dans les villes comme Djeddah et Tripoli, le manque de logements convenables pour les expatriés combiné à une forte demande a tiré les coûts vers le haut."
Afrique
Reflétant l'importance économique grandissante de cette région à travers tous les secteurs d'activité, les classements élaborés par Mercer dans ce communiqué de presse englobent à présent de nombreuses villes africaines. L'enquête 2010 révèle une forte présence des villes du continent africain, reflétant ainsi le coût de la vie élevé pour les employés expatriés. Après Luanda, N'djamena et Libreville, les villes les plus chères de la région sont Victoria dans les Seychelles (13ème), Niamey au Niger (23ème) et Dakar au Sénégal (32ème). En Afrique du Sud, Johannesburg et la ville du Cap arrivent, respectivement, en 151ème et 171ème position. Au bas du classement, Addis Abeba en Ethiopie (208ème) est la ville la moins chère du continent africain, talonnée par Windhoek (205ème) et Gaborone (203ème) en Namibie et au Botswana, respectivement.
"Nous avons observé une augmentation de la demande d'informations concernant les villes africaines, et ce dans tous les secteurs d'activité: industrie minière, services financiers, compagnies aériennes, industrie manufacturière, services publics et autres sociétés de production d'énergie, confie Nathalie Constantin-Métral. Beaucoup de gens pensent que la vie n'est pas chère dans les pays en voie de développement, alors que ceci n'est pas nécessairement vrai pour les expatriés qui y vivent et travaillent. Pour inciter les talents à s'expatrier vers ces villes, les entreprises multinationales doivent offrir le même niveau de vie et les mêmes avantages auxquels sont habitués leurs employés et leurs familles. Dans certains pays africains, le coût de cette expatriation peut s'avérer extraordinairement élevé, en particulier le coût d'un logement décent et sécurisé."
Amériques
Les villes du Brésil figurent parmi les plus chères des Amériques. Sao Paulo, par exemple, arrive à la 21ème position des villes les plus chères d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud, résultat du renforcement du real brésilien face au dollar américain. Dans la région d'Amérique du Sud, Rio de Janeiro (29ème) est la deuxième ville la plus chère, suivie de La Havane à Cuba (45ème), Bogota en Colombie (66ème) et Brasilia la capitale du Brésil (70ème). Buenos Aires occupe la 161ème position. Managua au Nicaragua (212ème), La Paz en Bolivie (211ème) et Asunción au Paraguay (204ème) sont les villes les moins chères d'Amérique du Sud.
Aux Etats-Unis, New York, 27ème dans le classement, est la ville la plus chère du pays, suivie de Los Angeles (classée 55ème). Washington arrive en 111ème position. La ville des Etats-Unis où la vie est la moins chère est Winston Salem (197ème). Mexico City (166ème) est la ville la plus chère du Mexique, la moins chère étant Monterrey (193ème). Vancouver (75ème) est la ville la plus chère du Canada, suivie de Toronto (76ème) et de Montréal (98ème). Ottawa (136ème) est la ville la moins chère du Canada. "L'affaiblissement du dollar américain par rapport à plusieurs autres monnaies, combiné à la baisse des loyers, a entraîné la chute des villes américaines dans le classement, souligne-t-elle. Toutefois, depuis mars 2010, le dollar s'est renforcé si bien que la situation varie."
Région Asie Pacifique
Deux villes japonaises, Tokyo et Osaka, occupent le premier rang des villes les plus chères de la région. Les autres villes d'Asie occupant le haut du classement sont Hong Kong (8ème), Singapour (11ème), Séoul (14ème), Beijing (16ème), Nagoya (19ème) au Japon, Shanghai (25ème) et Taipei (78ème). Au total, pas moins de sept villes chinoises apparaissent dans le classement 2010, soulignant au passage l'importance commerciale croissante des régions autres que Beijing, Shanghai et Hong Kong pour les entreprises multinationales.
New Delhi (en 85ème position) est la ville la plus chère en Inde, suivie de Mumbai (89ème) et Bangalore (190ème). Dans les autres régions, la ville de Jakarta en Indonésie arrive en 94ème position, suivie de Hanoï au Vietnam et de Bangkok en Thaïlande (toutes deux classées 121ème) et de Kuala Lumpur en Malaisie (138ème). Islamabad (212ème du classement) et Karachi (214ème) au Pakistan sont les deux villes les moins chères de la région. Sydney (24ème au classement) est la ville la plus chère d'Australie, suivie de Melbourne (33ème) et Brisbane (55ème), tandis qu'Adelaïde (90ème) est la ville où le coût de la vie est le plus bas. Auckland (149ème) est la ville la plus chère de la Nouvelle Zélande, la moins chère étant Wellington (163ème). Le dollar australien et le dollar néo-zélandais se sont considérablement renforcés par rapport au dollar américain, ce qui vaut aux villes de monter dans le classement.
"A la fin de l'année 2009 et au début de 2010, le prix des biens résidentiels dans de nombreux pays asiatiques a augmenté face à la stabilisation du contexte économique et la demande pour des logements convenables pour les expatriés a enregistré une hausse, conclut Nathalie Constantin-Métral. Le renforcement du dollar australien et du dollar néo-zélandais par rapport au dollar américain a également contribué à augmenter le coût de la vie dans les villes d'Australie et de Nouvelle Zélande pour les expatriés venant des Etats-Unis."


