Life balance: bilan plutôt positif
Près de 7 travailleurs belges sur 10 maintiennent un bon équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée, indique une enquête menée par Securex pour le compte de sa Mutualité Libre. Les résultats mettent également en évidence que les travailleurs qui ont un bon équilibre enregistrent de meilleures performances concernant la résistance au stress, l’absentéisme et la motivation autonome et manifestent moins d’intention de quitter l’entreprise.
L’équilibre travail/vie privée a été mesuré par le biais de deux facteurs qui sont, d’une part, la combinaison travail-vie privée, et d’autre part, l’interférence de la vie privée dans la sphère du travail. Il ressort de l’étude que seulement 57% des travailleurs dispose de suffisamment de temps pour combiner leur travail et leur vie privée de façon optimale. Inversement, 12% des salariés pensent que leur travail est perturbé par leur vie privée, de même 44% déclarent que leur vie privée est perturbée par leur travail.
Stéréotypes démentis
Malgré les idées répandues à ce sujet, les résultats ne montrent aucune différence significative entre les perceptions des hommes et des femmes concernant la combinaison vie professionnelle-vie privée et l’interférence de la vie privée dans le travail. Ainsi, les travailleurs des deux sexes perçoivent leur équilibre pratiquement de la même manière. Ce faisant, certains stéréotypes tels que "les femmes éprouvent plus de difficultés à maintenir un équilibre que les hommes de par leur rôle à la maison" sont démentis.
Bruxelles sous pression
Plus d’un travailleur sur deux de la région de Bruxelles-Capitale (53%) déclare qu’il a peu de temps à consacrer à sa vie privée en raison de son travail, contre 46% des travailleurs en Flandre et 41% en Wallonie. Ces différences trouvent probablement leur explication dans les embouteillages que les salariés, exerçant leur fonction à Bruxelles, doivent affronter chaque jour pour se rendre sur leur lieu de travail. En outre, 42% des travailleurs bruxellois se plaignent également de ne pas parvenir à maintenir un bon équilibre entre les deux domaines contre seulement 28% pour la Flandre. La Wallonie se positionne entre Bruxelles et la Flandre avec un score de 32%. En revanche, 14% des travailleurs flamands ressentent peu de plaisir à travailler en raison de soucis personnels contre 11% pour la Wallonie et Bruxelles.
Combinaisons plus difficiles
Les personnes travaillant à temps plein n’arrivent pas autant que les personnes travaillant à temps partiel à maintenir un bon équilibre entre les deux sphères de vie (45% versus 35%). De plus, 47% des temps pleins voient leur vie privée perturbée par le travail contre 35% des temps partiels. Enfin, 48% des premiers déclarent ne pas avoir assez de temps à consacrer à leur vie personnelle contre 33% des seconds.
Sans surprise, les 30-49 ans ont plus de mal à combiner le travail et la vie de tous les jours que les travailleurs de moins de 30 ans ou de 50 ans et plus. Les causes majeures sont l’évolution de leur carrière et l’agrandissement de leur famille. Les travailleurs âgés de 30 à 49 ans souffrent plus (46%) que leurs collègues plus jeunes et plus âgés (respectivement 38% et 40%) d’un manque de temps pour combiner travail et vie privée et rencontrent un problème réel au niveau de l’équilibre entre les deux sphères.
Par contre, l’interférence de la vie privée dans le travail est la plus problématique pour les moins de 50 ans. En effet, 13% des plus jeunes et 12% des 30-49 ans, contre seulement 9% des plus de 50 ans affirment que leur travail est perturbé par leur vie privée. En outre, plus d’un jeune travailleur sur 5 reconnaît que des préoccupations personnelles font qu’il travaille moins bien.
Les travailleurs porteurs d’un diplôme orienté vers la pratique (enseignement primaire, secondaire ou supérieur de type court) manifestent une meilleure combinaison travail-vie privée que les diplômés du supérieur de type long et les universitaires. En effet, seuls 32% des premiers contre 52 % des seconds affirment que leur vie privée est perturbée par leur travail. Au niveau des statuts, l’étude révèle que les cadres sont les plus nombreux à manifester un moins bon niveau de combinaison travail-vie privée (56% d’entre eux partagent cette perception), suivi par les employés (46%) et enfin par les ouvriers (33%). 75% des intérimaires témoignent d’une bonne combinaison entre les deux sphères, alors que les personnes engagées sous contrat à durée déterminée ou indéterminée ne sont que respectivement 51% et 54% à afficher ce résultat.
Départs volontaires et équilibre s’influencent mutuellement
Il ressort de l’analyse que les personnes n’ayant pas l’intention de quitter leur employeur ressentent une meilleure combinaison vie professionnelle-vie privée et moins d’interférence de la vie privée dans la sphère du travail. En effet, seuls 39% des personnes n’ayant pas l’intention de quitter leur employeur affirment que leur vie privée est perturbée par leur travail. Les personnes désirant quitter leur employeur, à long terme ou à court terme, sont, quant à elles, 55% et 61% à penser que leur vie privée est troublée par leur travail.
Plus l’équilibre est bon, moins la durée des absences est longue
L’étude dévoile une corrélation négative entre la combinaison travail-vie privée et la durée des absences. Ce qui signifie que plus l’équilibre ressenti par les travailleurs est bon, moins la durée de leurs absences sera longue. Par contre, les résultats ne révèlent aucune corrélation concernant la fréquence d’absentéisme. Les salariés dont l’équilibre est perturbé, sont donc plus susceptibles de s’absenter pour cause de maladie pour une longue période ou auront tendance à s’absenter fréquemment pour de courtes périodes. Par contre, s’absenter régulièrement pour de courtes périodes peut aider un salarié à rééquilibrer les sphères vie professionnelle- vie privée. Toutefois, les travailleurs absents de façon fréquente témoignent de plus d’interférence de leur vie privée dans le travail.
Un mauvais équilibre augmente forcément le niveau de stress
81% des personnes souffrant d’une mauvaise combinaison entre les deux sphères ressentent un stress élevé alors que seuls 50% des travailleurs profitant d’une bonne combinaison perçoivent le même niveau de stress. L’interférence de la vie privée dans la sphère du travail influence également le niveau de stress chez les travailleurs. En effet, 76% des travailleurs subissant une interférence élevée sont fortement stressés alors que ce pourcentage chute à 55% pour ceux ne souffrant pas d’interférence.
Le bon équilibre stimule la motivation autonome
Les scores révèlent que plus l’équilibre entre les deux sphères de vie est optimal, plus les travailleurs réalisent leur travail avec un sentiment de liberté, parce qu’ils sont passionnés par leur travail ou parce qu’ils le trouvent personnellement sensé. 66% des travailleurs libres de problèmes d’interférence déclarent ainsi être motivés de façon autonome contre à peine 43% de ceux qui souffrent de ces problèmes. En outre, 61% des travailleurs bénéficiant d’une combinaison optimale des deux sphères sont motivés de façon autonome contre seulement 51% de ceux qui ne maintiennent pas cette bonne combinaison.
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