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FEB: "Les partenaires sociaux se trouvent à un tournant critique"

Le Conseil central de l’économie (CCE) vient de publier son rapport annuel sur la compétitivité de l'économie belge. Il s'en dégage quatre évolutions frappantes, relève la FEB qui plaide pour un "accord salarial intelligent". "Une modération salariale absolue n'engendrera pas une restriction du pouvoir d'achat”, estime l'organisation patronale.

Les quatre évolutions en question sont:
1. "En dépit de l'accord salarial exceptionnel conclu fin 2008, prévoyant la seule indexation des salaires bruts, notre handicap salarial - accumulé principalement au cours des trois derniers AIP - est passé de 3,3% à 3,9%."
2. "Le CCE admet, pour la première fois, que sa méthode prévisionnelle a systématiquement donné lieu à des surestimations. Compte tenu de cette erreur moyenne de 1,1%, la 'véritable' évolution salariale attendue chez nos voisins pour la période 2011-2012 (5 - 1,1% = 3,9%) correspond exactement à l'indexation prévue en Belgique (à savoir 3,9%)."
3. "En Belgique, une réserve de pouvoir d'achat a été constituée ces dernières années. Pendant les années de crise 2008 et 2009, le pouvoir d'achat (en plus de l'inflation) par habitant a crû de 1,8% en Belgique, contre 0,5% en moyenne dans les pays voisins. Les réformes fiscales et parafiscales des dernières années (e.a. bonus à l'emploi) ont également entraîné une hausse considérable du salaire net de tous les travailleurs, mais ce sont essentiellement les bas salaires qui en ont profité."
4. "La combinaison de notre handicap salarial sans cesse croissant, du fait que l'évolution salariale attendue chez nos voisins corresponde exactement à l'indexation prévue en Belgique et de l'importante réserve de pouvoir d'achat constituée nous amène à la conclusion inéluctable qu’une approche ‘business as usual’ entraînera un nouveau dérapage salarial."

Le dérapage salarial se poursuit

En dépit de l'accord salarial exceptionnel conclu fin 2008, notre handicap salarial par rapport à nos principaux partenaires commerciaux est passé de 3,3% à 3,9% au cours des deux dernières années, observe la FEB. "C'est dès lors le troisième accord salarial consécutif où les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à faire évoluer les coûts salariaux belges plus lentement que la moyenne de nos trois voisins. Selon le CCE, le handicap salarial accumulé depuis 1996 se monte aujourd'hui à 3,9%. Par rapport à l'Allemagne, notre principal partenaire commercial, il aurait même dépassé 13%! Il s'agit là du pourcentage le plus élevé depuis l’introduction de la loi de ’96 relative à la sauvegarde de la compétitivité."

Sur la base des prévisions des instituts nationaux respectifs pour 2011 et de l'OCDE pour 2012, le CCE estime que les coûts salariaux augmenteront en moyenne de 5% dans les trois pays voisins au cours de la période 2011-2012. "Par le passé, nous avons toutefois constaté que l'évolution salariale en Allemagne était systématiquement surestimée, ce qui sera très probablement le cas cette fois encore. Pour 2012, le CCE se fonde dès lors sur une évolution de 3,6% en Allemagne. Un pourcentage aussi élevé n'avait plus été enregistré en Allemagne depuis 1996 et est même quatre fois plus élevé que l'évolution salariale de 0,8% attendue en 2011. C'est pourquoi, par mesure de précaution, le CCE a pour la première fois calculé l'ampleur de son erreur de prévision dans le passé. Il en ressort que l'évolution salariale effective chez nos trois voisins était en moyenne 1,1% moins élevée que les prévisions du CCE. Si l'on tient compte de cette erreur, l'évolution salariale attendue dans les trois pays voisins au cours des deux prochaines n'est pas de 5%, mais de seulement 3,9% ; soit exactement le pourcentage de l'indexation prévue en Belgique au cours de cette même période (également 3,9%)."

Pour la première fois, le CCE a également publié des chiffres sur l'évolution du pouvoir d'achat en Belgique. "Les salaires nets des travailleurs ont considérablement crû à la suite non seulement des augmentations salariales plus importantes que normalement admis (cf. augmentations plus élevées admises en raison de l'erreur de prévision de 1,1%), mais aussi des efforts consentis par les pouvoirs publics pour faire baisser les impôts. C'est ainsi que, pendant les années de crise 2008 et 2009, le pouvoir d'achat (en plus de l'inflation) par habitant a crû de 1,8% en Belgique, contre 0,5% en moyenne dans les trois pays voisins. Les réformes fiscales et parafiscales des dernières années (e.a. bonus à l'emploi) ont également entraîné une hausse considérable du salaire net de tous les travailleurs, mais ce sont essentiellement les bas salaires qui en ont profité."

Le CCE enfonce des clous: en cas d'accord ‘business as usual’, on assistera d'office à un 4ème dérapage salarial consécutif, qui entraînera notre économie dans une dynamique négative, semblable à celle que nous avons connue au début des années '90, commente Pieter Timmermans, directeur général de la FEB. Pour la FEB, ce n'est en aucun cas une option réaliste. Les partenaires sociaux se trouvent donc aujourd'hui à un tournant critique et ils ne pourront rompre ce cercle vicieux que par un accord salarial intelligent. Nous avons à présent une opportunité unique pour miser pleinement sur une consolidation de notre compétitivité (et, partant, de notre emploi), et ce sans affecter la consommation intérieure. Le CCE a en effet démontré qu'une importante réserve de pouvoir d'achat avait été constituée au cours des dernières années. Dès lors, une modération salariale absolue n'engendrera pas une restriction du pouvoir d'achat.”

Téléchargez le rapport du CCE

Tags: FEB, AIP, Compétitivité

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