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"Alcool et travail ne font pas bon ménage"

La période est propice aux "drinks" de fin d’année ou de début de l'an neuf. En Belgique, 90% des salariés sont invités à prendre un verre au sein de leur entreprise. Généralement appréciée, l’initiative doit cependant être encadrée. L’absorption d’alcool au travail a des effets néfastes. L’UCM plaide pour une consommation responsable et une politique préventive.

Neuf salariés belges sur dix participent à des drinks de fin d’année et 70% de ces derniers proposent de l’alcool. Ce verre offert est l’occasion de détendre l’atmosphère, d’échanger sur des sujets autres que professionnels. L’évènement doit cependant être encadré. Alcool et travail ne font pas bon ménage, rappelle l'UCM.

Quelques chiffres suffisent à s’en convaincre. En Belgique, 70% des grands consommateurs d'alcool sont actifs sur le marché du travail. Quelques 300.000 travailleurs sont confrontés à l’alcoolisme. Or, un collaborateur sous l’emprise de l’alcool est deux à six fois plus souvent en incapacité de travail, diminue sa productivité de 25%, accuse un taux d’absentéisme de deux à huit fois supérieur à la normale. Il peut également générer des conflits entre travailleurs (harcèlement moral et/ou sexuel, insultes, violence), désorganiser le travail et nuire à l’image de l’entreprise. Le coût total des problèmes d’alcool au travail coûte 2,2 milliards d’euros aux entreprises chaque année et 7 milliards à la collectivité.

L’alcoolisme professionnel trouve sa source dans des causes diverses: contact avec les clients et les fournisseurs (31%), accès à l’alcool dans l’entreprise (21%), comportement des collègues (18%) ou des supérieurs (12%). Le stress (16%) et la pression professionnelle (11%) peuvent aussi inciter les collaborateurs à boire. Sept employeurs sur dix sont préoccupés par des problèmes d’alcool. Une entreprise sur quatre pratique la tolérance zéro en matière d’alcool. L’alcool est davantage toléré dans les entreprises occupant beaucoup d’employés.

Trop de règles, peu de sanctions

Depuis le 1er avril 2010, la convention collective de travail n°100 oblige l’employeur à définir dans son règlement de travail les principes et les objectifs quant à l’usage d’alcool au sein de son entreprise. Pour autant qu’il les ait explicitement prévus et encadrés, l’employeur peut également recourir à des tests à usage préventif.

Pour l’UCM, ce texte, particulièrement complexe et trop préventif, rate son but. Trop complexe: 84% des entreprises sans politique en la matière estiment qu’elles ne disposent pas en interne des connaissances suffisantes pour agir. Pas assez répressif: l’exclusion des tests biologiques (comme la prise de sang ou l'analyse d'urine), l’interdiction de procéder à des dépistages d’alcool sans le consentement du travailleur et la prohibition de sanctionner le travailleur sur le seul motif d’un test révélé positif conduit, en fait, à éluder la question de l’alcoolisme et réduit la CCT n°100 à une simple déclaration d’intention. 

Tags: Alcool, Prévention, Santé

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