Changements organisationnels: à gérer avec précaution!
Les entreprises en cours de fusion, de restructuration ou de licenciement collectif n’obtiennent pas toujours le résultat escompté. C'est ce que met en évidence une étude de Securex. Les changements organisationnels peuvent porter préjudice à la motivation, la productivité, la satisfaction ou la santé des travailleurs, ce qui génère des coûts supplémentaires.
La restructuration n’influence pas l’intention de départ…
Les travailleurs qui ont vécu une restructuration ressentent notamment plus de stress, ont moins d’énergie et plus de problèmes de santé, mais ne présentent pas d’intention plus élevée de changer d’employeur. Ils attendent manifestement la fin de la période de changement avant de prendre une décision quant à la suite de leur carrière.
… mais favorise l’insatisfaction globale des travailleurs:
• Plus de stress au travail
6 travailleurs sur 10 ressentent de régulièrement à très souvent du stress, tandis que cela ne concerne que la moitié des travailleurs qui n’ont pas été confrontés à une restructuration.
• Moins bonne humeur et moins d’énergie
28,9% des travailleurs parlent plus vite d’un ton sec à leurs collègues, contre 19,8% des travailleurs qui n’ont pas vécu ce type de changement dans l’organisation. Ils se sentent plus souvent déprimés (33,9% contre 24,2%) et de mauvaise humeur (28,5% contre 23,4%). De plus, les restructurations font chuter le nombre de travailleurs énergiques de 44% à 30,3%.
• Moins satisfait
Une restructuration fait chuter tant la satisfaction relative à l’organisation qu’au travail. Ainsi, seuls 69,4% des travailleurs sont encore satisfaits de leur organisation, contre 81,9% des travailleurs qui n’ont pas connu de restructuration. La différence est moins importante pour la satisfaction relative au travail, mais elle reste significative: 78,5% contre 85,6%.
• Baisse du sens de l’initiative et de la productivité
Seulement 67,4% des travailleurs ayant vécu une restructuration (contre 76,4% des travailleurs n’étant pas dans ce cas) défendent leur organisation corps et âme. De même, ils sont moins disposés à faire un petit plus pour la réussite de leur organisation (79,8% contre 84%).
Ces travailleurs perdent non seulement leur confiance dans une issue favorable des changements (56,5% contre 66,8%), mais leur avis est aussi moins écouté (43% contre 53,5%). Par conséquent, 1 travailleur sur 3 éprouve des difficultés à proposer des idées innovantes au sein de l’équipe (37,6% contre 31,3%).
En conséquence de tous ces éléments, près de 1 travailleur sur 4 estime qu’il réalise de moins bonnes prestations ces derniers temps, contre 18,7% des travailleurs dans une structure inchangée.
• Baisse de l’engagement et de la motivation
Les travailleurs perdent la fierté de leur travail (81,9% contre 89,4%). Une baisse significative de 76,8% à seulement 66,3% montre que les travailleurs se sentent moins liés à leur organisation. Ils avouent aussi moins facilement qu’ils travaillent pour leur organisation (76,5% contre 82,8%). Environ 1 travailleur sur 4 part travailler à contrecœur (25,3% contre 16,6%) et trouve son job moins sensé (22,2% contre 15,3%) et moins intéressant (26% contre 20,4%).
Le licenciement collectif augmente le stress et l’intention de départ…
Un licenciement collectif marque beaucoup "ceux qui restent". Pas moins de 37,4% des travailleurs ont l’intention de quitter l’organisation après un licenciement collectif, dont 16,5% à court terme. Les travailleurs d’organisations qui n’ont pas connu de licenciement collectif présentent une intention de départ largement inférieure: 17,8%, dont 7,6% à court terme.
Près de la moitié des travailleurs qui ont été confrontés à un licenciement collectif se sentent généralement stressés, contre 1 collègue sur 3 qui n’a pas vécu cette expérience. Ces travailleurs sont également un peu moins agréables avec leur entourage (35,2%), comparativement aux travailleurs qui n’ont pas vécu de licenciement collectif (22,3%). La situation affecte leur humeur et implique une différence nette en ce qui concerne la dépression (39,6% contre 27%).
… et génère des problèmes physiques et de l’insatisfaction
53,9% des travailleurs déclarent que leur travail engendre des troubles physiques (contre 36,8%) et 44% sont convaincus qu’ils seraient en meilleure santé dans un autre job (contre 28,4%). Les travailleurs qui ont vécu un licenciement collectif sont moins satisfaits de leur travail (72,5%) et de leur organisation (67%) que les travailleurs qui n’ont pas connu de tels changements dans l’organisation (respectivement 83,7% et 78%).
Les fusions ont peu d’impact sur la motivation du travailleur…
Les résultats montrent que bien que certains estiment que la fusion soit le changement le plus radical dans une organisation, elle est l’évènement qui influence le moins la productivité des travailleurs, qui restent tout aussi motivés et satisfaits de leur travail. Ils se sentent toujours impliqués dans l’organisation et aimeraient jouer un rôle dans l’innovation de l’entreprise. Ils ne ressentent pas plus de stress, n’ont pas moins d’énergie et l’intention de départ, qui implique également des coûts élevés pour l’entreprise, reste la même.
… mais présentent la plus grande influence sur la santé
Les fusions créent de l’incertitude et augmentent les plaintes d’ordre psychique. Plus de 1 travailleur sur 3 (38,7%) se sent déprimé contre plus de 1 sur 4 chez les travailleurs qui n’ont pas vécu de fusion (26,6%).
La fusion augmente l’impression que le travail influence la santé. Les travailleurs d’organisations ayant fusionné se sentent moins gênés dans leur job par leurs problèmes physiques (31% contre 22,6%) et par la douleur (35,2% contre 27,4%) que les autres travailleurs. 47,2% contre 36,8% pensent que le travail est la cause de leurs problèmes physiques. 37,3% estiment qu’ils seraient en meilleure santé dans un autre job contre 28,5% qui n’ont connu aucune fusion. Les travailleurs qui ont vécu une fusion ressentent donc clairement une capacité de travail inférieure, ce qui implique un coût supérieur pour l’entreprise.
Par conséquent, Securex recommande de travailler principalement sur la communication et le support en cas de changements, ainsi que sur les valeurs et la culture dominantes pour remotiver ainsi les travailleurs et stimuler leur engagement.
Tags: Licenciement, Restructuration, Communication, Fusion


