FEB: "Plus de 150.000 postes vacants dans les 5 ans"
La guerre des talents va à nouveau faire rage. C'est le constat qui ressort d'une enquête électronique organisée début février par la FEB et concernant le recrutement et la fidélisation. L'an dernier, un quart des entreprises sondées ont dû arrêter une procédure de sélection en raison d'un manque de candidats.
Plus de 560 entreprises ont complété le questionnaire. Une conclusion étonnante est notamment que près de la moitié des entreprises interrogées (47%) s'attendent à augmenter leurs effectifs en 2011. Environ 23% prévoient même une augmentation du nombre de travailleurs à un niveau d'avant la crise économique. Quatre entreprises sur dix s'attendent à un statu quo et une sur dix prévoit même une diminution des effectifs.
Les entreprises qui veulent embaucher ont intérêt à mettre les bouchées doubles: l'enquête de la FEB révèle que quatre entreprises sur dix ont pour l'instant des fonctions vacantes à pourvoir depuis plus de trois mois.
L'enquête nous apprend également qu'en moyenne 5,8% des effectifs partiront à la retraite dans les cinq ans. Lorsque ce pourcentage est rapporté aux 2,6 millions d'employés actifs dans le secteur privé (en ce compris le secteur de l'économie sociale), cela signifie que 151.000 postes pourraient être rendus vacants dans les cinq ans. Et il s'agit sans doute d'une estimation prudente, étant donné que le questionnaire ne fait pas explicitement référence à des départs anticipés tels que les prépensions.
Cette information, ainsi que la constatation que beaucoup d'entreprises ont déjà du mal à combler les postes vacants, implique d'insuffler une nouvelle vie à la politique de fidélisation. Les moyens les plus utilisés pour fidéliser les travailleurs au niveau de la rémunération sont, outre un salaire brut plus élevé, le deuxième pilier des pensions et des formes de rémunération alternatives (chèques-repas). Les assurances hospitalisation et les voitures de société demeurent elles aussi importantes à cet égard (voir graphique).
Mais il faut ajouter aux mesures de fidélisation d'ordre financier les motivations qui touchent à la qualité de vie: le travail à temps partiel et des horaires de travail flexibles sont bien entrés dans les mœurs, tandis que le télétravail est, il est vrai, nettement moins appliqué, mais représente tout de même pour environ 1 entreprise sur 5 un moyen d'offrir aux travailleurs des conditions de travail souples et (donc) de les fidéliser.
Parmi les entreprises qui ont l'intention de recruter, 6 sur 10 indiquent également faire des efforts supplémentaires pour maintenir les plus de 50 ans plus longtemps actifs. Environ 61% de ces entreprises permettent davantage de travail à temps partiel, 41% essaient de modifier le contenu de la fonction et 39% organisent des entretiens de carrière qui résultent, dans la mesure du possible, en une adaptation des conditions de travail.
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