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Un travailleur absent vous coûte en moyenne 815 euros

L’absentéisme des plus de 50 ans est le plus cher, mais celui des plus jeunes (< 25 ans) est le plus dérangeant, constate SD Worx. D'après ses statistiques, les travailleurs sont en moyenne malades 48 heures par an. L’absentéisme de courte durée coûte en moyenne 81.578 euros par an à une entreprise de 100 travailleurs...

Pour la première fois depuis 2004, on a connu en 2010 une baisse de l’absentéisme de courte durée (maladie de moins d’un mois). La tendance à la hausse semble donc rompue. Mais l’absentéisme reste tout de même élevé. Bien que la limite des 3% n’ait jamais été dépassée durant les douze mois de 2010, SD Worx a cependant constaté un taux record pour les mois de septembre et de décembre, dû en partie aux refroidissements saisonniers de septembre et à l’hiver rigoureux de décembre.

Le coût moyen de l’absentéisme de courte durée pour une organisation de 100 collaborateurs est désormais de 81.578 euros par an ou de 17 euros par heure de maladie, alors qu’il s’élevait encore à 78.426 euros en 2008. L’absentéisme des travailleurs entre 55 et 59 ans (936 euros/an) et des plus de 60 ans (910 euros/an) est le plus cher. L’absentéisme des travailleurs de moins de 25 ans est le moins cher (623 euros/an). L’absentéisme des travailleurs de moins de 30 ans est cependant le plus dérangeant, ils sont plus souvent malades pour une courte période que leurs homologues de plus de 30 ans.

La tendance à la hausse est rompue

SD Worx analyse chaque année l’absentéisme en Belgique. L’échantillon pour 2010 comprend 500.000 collaborateurs de 15.000 organisations différentes. Pour la première fois depuis 2004, on constate une légère baisse de l’absentéisme de courte durée. L’absentéisme reste cependant élevé de manière générale. En 2010, un travailleur belge (équivalent temps plein) a été malade 48 heures en moyenne. Les travailleuses (56 heures) ont été en moyenne plus souvent malades que leurs homologues masculins (42,6 heures). Et les ouvriers (61 heures) plus que les employés (40,6 heures). Les travailleurs en équipes ont les taux d’absentéisme les plus élevés: 63 heures en moyenne.

Les raisons pour ce taux toujours élevé d’absentéisme peuvent en partie être trouvées dans l’impact que la crise a eue sur la motivation et l’implication du travailleur belge. Une enquête de SD Worx auprès de 5.000 travailleurs a fait apparaître que les travailleurs ont été en 2010 moins satisfaits de leur job, de leur package salarial et de la charge de travail. Il est aussi apparu que le Belge était, l’année dernière, moins énergique et passionné par son job. Ce qui frappe aussi dans les résultats, c’est que les travailleurs ont été moins en mesure de fournir des efforts supplémentaires en raison de la pression accrue au travail. Ceci pourrait s’expliquer par le fait qu’ils se sont déjà investis à corps et à cris durant la crise pour leur organisation et avaient, par exemple, déjà effectué des heures supplémentaires spontanées.

Malgré cet absentéisme moyen élevé, la limite des 3% n’a jamais été dépassée l’année dernière. Depuis 2005, on constate pourtant un pic une fois par an en février, lorsque la grippe saisonnière atteint son sommet. En principe, cette limite des 3% n’est atteinte que par une coïncidence de l’absentéisme ‘normal’ avec des situations exceptionnelles telles que la grippe saisonnière. Ceci a eu lieu par exemple trois fois en 2009 et pour la première fois même en octobre suite à la grippe mexicaine. En 2010, les records d’absentéisme ont été constatés en septembre et décembre et sont dû aux refroidissements saisonniers et à la rigueur de l’hiver dernier.

L’absentéisme coûte 81.578 euros à une entreprise de 100 travailleurs

Les chiffres d’absentéisme sont un bon indicateur de la condition générale d’une organisation. L’absentéisme est surtout une forme de comportement. La mesure selon laquelle le collaborateur se sent motivé et concerné déterminera son comportement. Pour les employeurs, l’absentéisme de courte durée est la forme la plus dérangeante de l’absentéisme. La rémunération des ouvriers et des employés est en effet garantie pendant 30 jours calendrier et constitue ainsi le coût le plus important de l’absentéisme.

En 2010, l’absentéisme d’un travailleur à temps plein a coûté en moyenne 815,78 euros à son employeur. Le coût était de 916 euros à Bruxelles et même de 1.010 euros dans la province namuroise. Les employeurs de Flandre orientale et occidentale paient le moins. Un travailleur malade coûte en moyenne 763 euros à un employeur luxembourgeois et 877 euros à un employeur du Brabant wallon. Les montants cités représentent le coût salarial des heures non prestées. On remarque également que le coût de maladie des ouvriers (823 euros) est plus élevé que celui des employés (811 euros). Cela provient du fait que les ouvriers sont plus souvent malades que les employés. Ils comptent en moyenne 61 jours de maladie par an, alors que les employés ne comptabilisent que 40 heures par an.

L’absentéisme des plus jeunes est le plus dérangeant

Les collaborateurs les plus âgés coûtent plus cher en salaire garanti à leur employeur que leurs homogues plus jeunes. Un travailleur de plus de 60 ans coûte par exemple 910 euros sur base annuelle et un travailleur entre 55 et 59 ans même 936 euros. En comparaison, le coût d’un travailleur de moins de 25 ans s’élève à 623 euros et celui d’un travailleur entre 25 et 29 ans n’atteint même pas les 720 euros.

Malgré ce coût d’absentéisme plus élevé, les périodes de maladie des travailleurs plus âgés sont moins dérangeantes. Pour commencer, le nombre d’heures d’absentéisme chez les jeunes jusqu’à 34 ans est légèrement supérieur à celui des plus de 55 ans. La différence est plus grande entre les moins de 25 ans (50,6 heures/an) et les plus de 60 ans (38,9 heures/an). Mais pour pouvoir mieux estimer les problèmes engendrés par l’absentéisme de courte durée, il faut également tenir compte de sa fréquence. C’est en effet la fréquence qui joue souvent des tours à l’employeur. Les travailleurs qui sont fréquemment absents causent plus de difficultés à l’employeur qu’un travailleur qui ne tombe qu’une seule fois malade, mais pour plusieurs jours. En cas d’absentéisme fréquent de courte durée, les coûts indirects tels que la perte de productivité et de qualité, la pression de travail accrue et la perte de motivation chez les collègues doivent être pris chaque fois en compte. Le remplacement d’un travailleur souvent malade pour une courte durée est aussi plus difficile à organiser.

Pour calculer l’embarras causé à l’employeur par l’absentéisme de courte durée, on utilise le fameux facteur de Bradford, dont la fréquence au carré est multipliée par le nombre total de jours de maladie. La fréquence est ainsi mieux mesurée et on met le doigt sur l’absentéisme le plus dérangeant. Les moins de 25 ans ont le score le plus élevé selon ce calcul. Le facteur de Bradford des absents de moins de 25 ans s’élève en effet à 235, alors qu’il n’est que de 185 pour les plus de 60 ans. En comparaison: le score d’absentéisme pour la population active totale est de 105 et il est de 176 pour la population des travailleurs absents. Malgré le coût moins important de l’absentéisme de courte durée des plus jeunes, leurs absences sont plus problématiques et dérangeantes que l’absentéisme plus onéreux des travailleurs plus âgés.

Tags: Absentéisme

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