65% des entreprises européennes incapables de déterminer les causes de l’absentéisme
A une époque où de nombreuses organisations essaient de réduire leurs coûts, 65% des entreprises européennes semblent toujours incapables de gérer efficacement leurs taux d’absentéisme, faute de données fiables. C’est ce qui ressort de l’enquête Pan-European Health Benefit issues effectuée par Mercer à la fin de l’année 2010 auprès de 556 entreprises dans 14 pays européens.
Si la majorité (82%) des entreprises a accès à une information de base sur le nombre de jours d’absence de leurs travailleurs, seul un tiers (35%) des répondants dispose de données relatives aux causes de l’absence. Un nombre encore plus restreint d’entreprises (27%) calcule effectivement le coût direct occasionné par l’absentéisme de leurs travailleurs. En France (29%), Grande-Bretagne (25%) et Italie (23%), une partie des entreprises interrogées indiquent même ne pas disposer du tout de données sur l’ampleur, les causes et le coût de l’absentéisme.
L’enquête montre également que la plupart des entreprises en Pologne (92%) ont accès à l’information sur le nombre de jours d’absence des collaborateurs. La France se trouve en dernière position avec 69% des entreprises. D’autres formes de données sur l’absentéisme sont nettement moins développées. Les entreprises en Italie (56%), au Portugal (55%) et en Irlande (52%) enregistrent également la cause de l’absence, d’autres pays européens le font moins ou pas du tout. Le suivi des coûts associés à l’absentéisme est le plus répandu en Espagne (50%), en Irlande (48%) et aux Pays-Bas, tandis que seulement 12% des entreprises en Italie et 8% des entreprises en France conservent ces données.
"De nombreuses entreprises perdent de l’argent au niveau de la gestion de l’absentéisme, déclare Koenraad Van Kerckhoven, Office Leader et H&B Leader chez Mercer Belgique. Parce que les entreprises n’ont pas de vue d’ensemble de l’ampleur et la cohérence de tous les flux financiers liés à la sécurité sociale, elles ne sont pas en mesure de gérer correctement l’absentéisme et l’incapacité de travail. C’est pourquoi les employeurs auraient intérêt à s’intéresser davantage sur les causes et coûts (sous-jacents) de l’incapacité de travail."
Nombre de jours d’absence et causes
Selon l’enquête, le personnel en Autriche a le taux d’absence le plus élevé, avec une moyenne de 9 jours par an. En Allemagne et en France, le nombre moyen de jours se situe à 8, en Pologne et aux Pays-Bas, les travailleurs sont absents en moyenne 7 jours par an. Le plus petit nombre de jours d’absence se trouve en Irlande, au Portugal et en Espagne, avec une moyenne de 4 jours par an. Globalement, 20% des personnes interrogées estiment que le nombre moyen de jours de congés de maladie par travailleur a augmenté depuis 2007, 27% affirment que ce chiffre a diminué et 32% disent que ce chiffre est resté plus ou moins le même. Ces chiffres varient considérablement d’un pays à l’autre. Aux Pays-Bas (55%) et en Irlande (54%), de nombreuses entreprises notent une baisse de l’absentéisme. Les affections musculo-squelettiques, les problèmes de santé mentale et le cancer sont cités comme les trois causes principales de l’absentéisme. Mais le chiffre le plus étonnant de l’enquête montre que 45% des entreprises consultées n’ont pas la moindre idée des causes principales de l’absentéisme. Une bonne gestion des absences permet d’économiser de l’argent
Plus de la moitié des entreprises interrogées (66%) indique avoir une politique d’absentéisme, mais souvent cette politique ne comprend pas tous les éléments requis. Par exemple, moins de la moitié (45%) des entreprises déclare avoir des entretiens avec les collaborateurs absents sur le retour au travail. La possibilité d’octroyer un ‘bonus de présence’, une somme forfaitaire annuelle quand le collaborateur n’a pas été absent, n’est pas souvent utilisée. Seulement 23% des entreprises se servent de ce système. 38% des répondants affirment qu’ils font soigner les travailleurs aux frais de l’employeur, 39% offrent des services de réadaptation et seulement 33% tiennent compte de l’absentéisme d’un salarié lors de son évaluation annuelle.
“La gestion de l’absentéisme est pour le moins improvisée. Les politiques ciblées, procédures de gestion des absences et autres flux financiers liés à la sécurité sociale sont loin d’être appliqués partout. Même les possibilités de mesures rapides et précises de l’absentéisme sont fort limitées. Beaucoup d’employeurs offrent une large gamme de facilités liées aux soins, mais leurs initiatives sont motivées par le recrutement et la rétention des travailleurs. Il semble que ces facilités soient rarement intégrées dans le contexte plus global de santé et bien-être du travailleur et de la gestion des absences. A une époque où les frais sont examinés à la loupe, la gestion des absences reste un facteur négligé. En fait, la gestion des absences offre d’énormes possibilités d’économies et de productivité accrue”, conclut Koenraad Van Kerckhoven.
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