Le travail flexible ne concerne que la moitié des Belges
Près de la moitié des Belges (46%) travaillent encore exclusivement au bureau. Notre pays rejoint ainsi la France dans le groupe des pays les moins flexibles d’Europe. ce constat ressort d'une étude européenne réalisée à la demande de Microsoft. Cependant, la majorité de la population active estime qu’elle pourrait être plus productive si elle pouvait travailler en toute flexibilité.
Trois quarts des Européens actifs pensent que leur vie pourrait s’améliorer de manière significative s’ils pouvaient adopter un travail flexible, mais seulement un tiers des entreprises ont formulé des instructions et des lignes directrices en ce sens.
Une des principales raisons motivant les travailleurs à adopter un mode de travail flexible est le fait d’éviter les heures de pointe lors des trajets entre leur domicile et leur lieu de travail. Cinquante-trois pour cent des travailleurs flexibles belges estiment être plus productifs à l’extérieur du bureau et 50% estiment qu’il en est ainsi parce qu’ils peuvent ainsi combiner leur travail à des obligations personnelles. Plus de la moitié des employés de bureau ont des enfants, ce qui influe sur les heures de travail. Outre l’éducation des enfants (39%), les travailleurs mentionnent également les animaux domestiques (23%). Trente-huit pour cent des Belges actifs sont convaincus que le travail flexible est un facteur décisif au moment de choisir de changer d’emploi.
Le Professeur Michel Walrave (Université d’Anvers) a résumé les avantages du travail flexible au cours de la Journée nationale du travail à domicile organisée en octobre 2010 en Belgique. "La planification de et l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle sont épinglés par la plupart des travailleurs comme les avantages phares du travail flexible, a-t-il cité d’une propre enquête réalisée en Belgique. Ces deux éléments sont suivis par une meilleure qualité de vie. Au nombre des avantages supplémentaires figurent une meilleure concentration pendant le travail, une meilleure autonomie et une productivité accrue. La crainte réside dans la diminution des contacts sociaux, la perte d’information et une moindre considération pour le travail réalisé."
Les PME offrent plus de flexibilité
Il ressort des résultats que les entreprises de plus petite taille sont plus enclines à accéder à la demande de flexibilisation du lieu et de l’horaire de travail émanant des travailleurs. En Europe, un quart des effectifs de petites entreprises de moins de 50 travailleurs travaillent régulièrement en dehors du bureau. Par comparaison, seuls 9% de leurs collègues peuvent bénéficier de cette flexibilité dans les entreprises de plus de 500 travailleurs. En Belgique, 46% des personnes interrogées n’ont encore jamais travaillé en dehors de l’enceinte de l’entreprise. Seulement 22% des entreprises belges ont élaboré des instructions et lignes directrices spécifiques au travail flexible. Les entreprises de petite taille sont les plus disposées à autoriser le travail flexible. Plus de deux tiers des entreprises interrogées accèdent à cette demande et un tiers a même élaboré une approche sous la forme d’une politique en la matière. En Belgique, 71% des travailleurs prestent leurs heures supplémentaires au bureau. Ils sont plus nombreux (80%) à le faire dans les plus grandes entreprises alors que ce taux n’atteint que 61% dans les entreprises de plus petite dimension. Un quart des collaborateurs de grandes entreprises n’ont pas accès aux systèmes du bureau en dehors des heures de travail officielles, alors que ce chiffre est de 16% pour les PME.
Confiance et possibilités technologiques
Lors du passage au travail flexible, les entreprises sont confrontées à deux défis : la certitude que le personnel a accès à la technologie adéquate avec une assistance informatique, et la création d’une culture de la confiance qui permet aux collaborateurs d’être productifs en dehors de l’environnement du bureau. Ce point est sans doute la pierre d’achoppement pour les entreprises de plus grande taille.
La technologie joue également un rôle décisif en matière de travail flexible et les départements informatiques disposent ainsi d’une des clés du succès, à savoir la prestation de l’assistance ad hoc. Plus de la moitié des travailleurs ne disposent pas d’un ordinateur portable ou d’un dispositif d’e-mail mobile de l’entreprise. C’est peut-être la raison pour laquelle 43% de tous les employés de bureau et un tiers des travailleurs de grandes entreprises utilisent leur propre laptop ou appareil mobile pour leurs e-mails. Cependant, 61% des Belges interrogés estiment qu’un laptop ou qu’un dispositif e-mail mobile augmenterait leur productivité en dehors du bureau. Alors que la technologie nécessaire au travail flexible est désormais largement répandue – via des appareils mobiles ou des applications en ligne, son utilisation en Europe ne semble toutefois pas encore s’être imposée.
"Les entreprises qui veulent réussir à l’avenir doivent lever les obstacles entre les hommes, le bureau et la technologie, et forger une culture de la confiance, indique Jan Smessaert, responsable du New World of Work chez Microsoft BeLux. En d’autres termes, cela signifie que vous donnez à votre personnel un lieu de travail offrant flexibilité, responsabilisation et engagement ainsi que les ressources technologiques nécessaires pour l’aider à être productif en tout lieu. Pour que la vision sous-tendant cette nouvelle manière de travailler puisse gagner en visibilité, les directions doivent créer une culture orientée résultat en lieu et place de celle basée sur le ‘temps passé au bureau’."
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