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Un travailleur sur deux souhaite faire du télétravail, mais n’y est pas autorisé

De plus en plus de travailleurs réclament des heures de travail flexibles et la possibilité de travailler régulièrement à la maison pour un meilleur équilibre travail/vie privée et une meilleure efficacité professionnelle, indique Tempo-Team. Les employeurs se montrent toutefois récalcitrants face au télétravail. Ceux qui l’autorisent sont en outre peu préparés d’un point de vue juridique et pratique.

Alors que près de 1 travailleur sur 2 (47%) souhaite également travailler à la maison, près de la moitié des employeurs (49%) s’y oppose résolument. Les employeurs craignent surtout l’impact négatif du télétravail sur la collégialité entre les collègues (49%) et l’implication dans l’entreprise (41%). Les employeurs et les travailleurs ont donc apparemment une vision opposée en matière de flexibilité. Les employeurs préfèrent en premier lieu le travail à temps partiel (63%) combiné à des heures flexibles (62%) en réponse à la problématique de la mobilité, au besoin d’une meilleure efficacité professionnelle et à l’amélioration de l’équilibre travail/vie privée. Par contre, les travailleurs ont davantage foi dans un mix entre heures de travail flexibles (71%) et télétravail régulier (47%), et beaucoup moins dans le travail à temps partiel (29%).

"Au vu de la pénurie sur le marché du travail et de la guerre des talents, les employeurs ont tout intérêt à se pencher sur la demande d’une plus grande flexibilité, explique Didier Christiaens, HR director Tempo-Team. L’appoint de flexibilité apporté par le télétravail renforcera plutôt le lien avec l’employeur. Un bon encadrement et des règles bien établies doivent permettre de ne porter aucun préjudice à l’implication dans l’entreprise et à la collégialité avec les collègues."

La pratique vainc les préjugés

79% des employeurs qui autorisent le télétravail constatent que le nombre de collaborateurs travaillant également à la maison a augmenté ces trois dernières années. Ces employeurs vantent également les avantages du télétravail. 68% affirment que cela profite à la vie privée des travailleurs, 63% estiment que le télétravail est idéal pour des tâches qui nécessitent beaucoup de concentration et 45% pensent même que les travailleurs sont plus productifs à la maison qu’au bureau.

Chez les travailleurs, ce sont surtout les hauts diplômés avec enfants qui souhaitent pouvoir travailler de temps à autre à la maison. Les travailleurs qui peuvent, savent ou veulent télétravailler (33%) le font en premier lieu pour optimiser leurs déplacements domicile-lieu de travail (29%), pour pouvoir travailler de manière plus flexible (21%), pour pouvoir mieux se concentrer (17%) et pour un meilleur équilibre travail/vie privée (17%).

Comme le démontre le graphique ci-dessous, les travailleurs ont une perception très positive du télétravail. Ses principaux avantages sont l’impact sur l’équilibre travail/vie privée (55%), sur la concentration (53%) et sur la productivité (53%). Cette perception réfute la thèse selon laquelle le télétravail se fait au préjudice de la collégialité (31%) et de l’implication (18%).

Infrastructure et encadrement insuffisants

En dépit de la demande et malgré son succès croissant, le télétravail reste encore du domaine de l’improvisation et de la débrouillardise pour la plupart des travailleurs. Ainsi, seuls 38% d’entre eux disposent d’un local ou d’un bureau séparé pour télétravailler. Les 62% restants télétravaillent ailleurs dans la maison. 45% des personnes interrogées qui font du télétravail travaillent à la maison au moins 1 fois par semaine pendant 5 heures en moyenne. 18% le font au moins 1 fois par mois pendant un peu moins de 5 heures et 36% moins de 1 fois par mois.

La réticence des employeurs à autoriser ou à encourager le télétravail se traduit d’ailleurs dans son organisation déficiente. Seuls 31% de tous les employeurs interrogés confirment qu’ils disposent d’une politique claire et adaptée en matière de télétravail. À peine un peu plus de la moitié des entreprises qui autorisent le télétravail (57%) disposent d’une politique adéquate.

Stefan Nerinckx, avocat-associé chez Field Fisher Waterhouse et professeur de droit du travail à la Hogeschool Universiteit Brussel, met en garde contre la sous-estimation systématique des conséquences du télétravail. Il existe en effet un cadre légal clair assorti d’obligations pour l'employeur qui doit être respecté. Pour ce faire, il convient d'opérer une distinction claire entre télétravail et travail à domicile. "Le fait d’autoriser des travailleurs à travailler à la maison tombe dans de nombreux cas sous la législation sur le télétravail, qui impose des exigences spécifiques comme un contrat écrit, la mise à disposition de certains équipements tels qu'un PC et le remboursement des frais, explique Stefan Nerinckx Une annexe écrite au contrat de travail et un règlement du travail adapté sont donc un must. Ce n’est qu’ainsi que toutes les parties sont suffisamment protégées contre les risques que présente le télétravail. Il ressort de la pratique que cet aspect est fortement sous-estimé."

Tags: Télétravail, Flexibilité

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