Le retour des expatriés dans leur pays d’origine est jugé difficile
Pas moins de 62% des expatriés d’Europe de l’Ouest jugent le retour dans leur pays d'origine comme ‘difficile’ et 42% estiment que l’expérience acquise à l’étranger n’est pas suffisamment valorisée au sein de leur entreprise. C'est ce que met en évidence une enquête sur l'expatriation publiée par Berlitz. 65% des expatriés souhaiteraient rester à l’étranger.
L’Observatoire de l’expatriation 2011 révèle que les projets d’expatriation concernent surtout les populations jeunes (70% des expatriés ont moins de 40 ans), les hommes (69%) et les détenteurs d’un diplôme supérieur (72% des expatriés ont un niveau d’étude supérieur ou égal à Bac +5).
Le pourcentage de femmes expatriées s’élève à 31%, contre 20% relevés au cours de l’enquête 2010. Il apparaît qu’entre 92% et 96% des expatriés voient dans ce projet l’opportunité de découvrir d’autres pays et cultures. Entre 73% et 88% y voient un tremplin professionnel.
"En Europe de l’Ouest, le projet d’expatriation est perçu de façon très positive et est surtout vu comme une expérience enrichissante, commente Gregory Caremans, Regional Manager Global Leadership Training chez Berlitz. Ces projets sont, chez nous, très peu vécus comme une obligation liée à des impératifs professionnels. Seuls 17% le perçoivent ainsi, contre 62% des japonais par exemple."
Un retour au pays mitigé
Si l’expérience de l’expatriation semble positive, le retour au pays d’origine est plus mitigé. En effet, 62% des expatriés d’Europe de l’Ouest vivent difficilement la période de réadaptation suivant le retour au pays. Ce pourcentage élevé trouve plusieurs explications. L’une d’elles est que 65% des expatriés souhaiteraient rester à l’étranger, que ce soit dans le pays où ils sont (30%) ou dans un autre pays (35%).
Du point de vue de la réadaptation professionnelle, il ressort que les entreprises ne préparent pas suffisamment le retour de leurs expatriés. À peine 19% des expatriés d’Europe de l’Ouest estiment que leur entreprise les a aidés dans la démarche de réadaptation. De plus, seules 35% d’entres elles ont pris en compte les souhaits de l’expatriés en termes de poste à son retour. Cette situation pousse quelque 62% des expatriés à changer d’entreprise, voire à changer complètement de secteur pour 45% d’entre eux.
"L’enquête 2011 confirme que les entreprises ont encore besoin d’être éduquées en matière d’expatriation, ajoute Gregory Caremans. Elles investissent pour envoyer leurs employés à l’étranger mais ne transforment ensuite pas cet acquis en valeur ajoutée. Les conséquences de l’expatriation, a priori positives à la fois pour l’employé et l’entreprise, ne sont pas encore bien mesurées ni valorisées, et la réponse donnée par les entreprises est souvent inadéquate. D’où ce pourcentage élevé d’employés qui changent de société ou de secteur."
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