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Un Belge sur deux trouve l'allocation de chômage trop élevée

Les Belges sont prêts pour la réforme et la modernisation du marché du travail, révèle une enquête réalisée pour le compte de Tempo-Team auprès d'un échantillon représentatif de 1.500 Belges. Toutefois, certains avis divergent. Ainsi relève-t-on des différences entre communautés linguistiques, travailleurs et chômeurs, ouvriers et employés.

L'enquête examine les différentes options politiques susceptibles d'augmenter le taux d'emploi des chômeurs et des personnes de plus de 50 ans, en plus de maintenir le système social viable. Elle analyse l'avis des Belges selon leur catégorie: travailleurs ou employés, sous contrat (fixe ou intérim) ou sans emploi, jeunes ou vieux, francophones ou néerlandophones, wallons, bruxellois ou flamands.

Les Belges sont partisans d'une profonde réforme et de la modernisation de notre marché du travail, comme le recommande l'Europe et à l’instar des pays voisins, en particulier l'Allemagne. Pour augmenter le taux d'emploi, sensiblement moindre en Belgique que dans les pays limitrophes, la population est disposée à prendre des mesures sévères, parfois draconiennes.

Ainsi, 78% acceptent une diminution des allocations de chômage au fur et à mesure que celui-ci se prolonge. Plus d'une personne sur deux veut même limiter à 12 mois (pour les chômeurs de moins de 55 ans) la période durant laquelle cette allocation est supérieure au revenu d'intégration. Près de la moitié des personnes interrogées (49%) estiment d'ailleurs que les allocations de chômage sont trop élevées. Trois quarts trouvent qu'elles devraient correspondre au patrimoine et aux revenus globaux du ménage.

Une large majorité de deux tiers des Belges se déclare en faveur d'une série de mesures pour réduire le chômage. Ainsi, on peut imposer aux chômeurs une obligation de recyclage ou de reclassement (88%), et de recherche active d'un emploi. S'ils ne le font pas, ils doivent être sanctionnés (estiment 84% des personnes interrogées) ou, après un an de chômage, obligés de prester un travail bénévole ou d'utilité publique afin de demeurer actifs (83%), d'accepter n'importe quel poste de travail (68%) ou d'apprendre une profession en pénurie (62%). 71% des répondants sont partisans d'un contrôle bimensuel des chômeurs.

Outre ces mesures "draconiennes", une large majorité se dégage en faveur de mesures d'encadrement des entreprises et des pouvoirs publics. Selon 86% des répondants, les employeurs doivent collaborer davantage avec le FOREM et ACTIRIS afin d'aider les chômeurs à décrocher un emploi, les employeurs et pouvoirs publics doivent investir davantage dans les formations des chômeurs afin que leurs aptitudes soient plus pertinentes pour des fonctions spécifiques (85%). Les entreprises doivent également proposer des stages aux chômeurs de longue durée (76%). Quand aux pouvoirs publics, ils doivent alléger les charges sociales compliquant le recrutement de demandeurs d'emploi les moins bien payés (71%) et soutenir ceux qui lancent leur propre affaire. 44% enfin, pensent que la sécurité sociale doit être scindée afin que chaque Région puisse mener et financer sa propre politique sur le marché du travail.

Malgré la pression croissante sur la viabilité du système actuel et le décalage entre d'une part le nombre élevé de postes d'emploi non remplis (ou seulement partiellement), et d'autre part le taux d'emploi trop bas de la population en Belgique, les demandeurs d'emploi sont vivement opposés à de telles réformes. Par rapport à l'ensemble de la population, ils refusent surtout des mesures contraignantes comme le recyclage (68%), le bénévolat (57%), l'apprentissage d'un métier en pénurie (39%) ou n'importe quelle offre d'emploi (38%). Ils sont par contre aussi ouverts que les personnes ayant un emploi aux efforts des entreprises et des pouvoirs publics pour les encadrer dans la recherche d'un emploi, mais cela ne peut s’accompagner d’un durcissement de la politique d'allocation. Seulement 40% acceptent une diminution des allocations au fur et à mesure que se prolonge la durée de chômage, contre 78% des personnes ayant un emploi. 68% des chômeurs estiment d'ailleurs que l'allocation est trop basse, contre 28% qui s'en satisfont.

Disparités communautaires

Globalement, les Flamands et les Bruxellois néerlandophones sont plus stricts que les Bruxellois francophones et les Wallons en ce qui concerne le chômage. Ainsi, 81% des néerlandophones veulent des allocations de chômage dégressives dans le temps, contre 73% des francophones. Ces derniers, en revanche, se prononcent à 87% pour des sanctions plus sévères envers les chômeurs refusant de travailler, alors qu'une telle mesure ne rallie que 82% des néerlandophones.

Les uns et les autres partagent toutefois les mêmes opinions en ce qui concerne les mesures pour obliger les chômeurs à trouver un emploi, se recycler ou se reclasser, et inciter employeurs et pouvoirs publics à davantage d'efforts afin d'aider les sans-emploi à trouver du travail via des services de placement, des formations supplémentaires ou des stages en entreprise, une diminution des charges salariales et un soutien financier aux chômeurs qui lancent leur propre activité.

En ce qui concerne les revenus, les francophones sont clairement moins satisfaits de leur salaire (58%) que les néerlandophones (73%). Ils ne sont d'ailleurs que 43% à trouver les allocations de chômage trop élevées, contre 52% des néerlandophones. 33% des francophones les considèrent même trop basses, contre 27% des néerlandophones.  Signalons qu'une majorité de néerlandophones (57%) sont en faveur d'une scission de la sécurité sociale, contre seulement 25% des francophones, de façon à permettre à chaque Région de définir et financer sa propre politique du marché du travail.

Des mesures contre le vieillissement

Bien qu'une majorité de Belges (54%), surtout parmi les plus de 50 ans (63%), trouve que les plus de 50 ans ne sont pas assez nombreux à travailler en Belgique, seulement 27% des répondants sont disposés à relever l'âge de la retraite, 38% à allonger de 35 à 40 ans la durée minimale de carrière et 37% à retarder le départ à la retraite pour les employés (et seulement eux).

Les ouvriers (40%) semblent accepter plus facilement que les employés (27%) l'allongement de la durée minimale de la carrière professionnelle. Plus de la moitié des ouvriers (55%) se prononcent en faveur d'un relèvement de l'âge de la retraite pour les employés, contre seulement 32% de ces derniers.

Les Belges préconisent par contre des mesures pour maintenir au travail les personnes de plus de 50 ans. 78% veulent leur donner la possibilité de travailler à temps partiel, 73% d'adopter des horaires flottants, 60 % à un ensemble de tâches adaptées à leur âge, 54% à réduire progressivement l'engagement professionnel et 43% à pratiquer partage de fonction. Plus d'un sur deux (58%) souhaitent imposer des quotas aux entreprises pour qu'elles augmentent le nombre de travailleurs de plus de 50 ans ou se disent en faveur de subventions (69%) afin d'atteindre le même but.

Des mesures plus radicales, comme la suppression complète des prépensions (28%), la scission de la sécurité sociale pour lutter contre le vieillissement de la population dans chaque Région (28%) ou le recours à l'immigration (29%), rencontrent moins de succès, mais avec des disparités selon les communautés. Les néerlandophones se prononcent davantage pour la suppression des prépensions (36% contre 25% des francophones), la scission de la sécurité sociale (38 contre 14%) et l'encouragement à l'immigration (34 contre 21%).

Tags: Emploi, Chômage, Réforme, Travail

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