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La crèche d’entreprise, une fausse bonne idée?

Le problème est récurrent: les parents qui travaillent galèrent pour faire garder leur petit dans une structure financièrement abordable et qui leur plaît. Dans ce contexte, la proposition de Florence Reuter pour promouvoir les crèches d’entreprise a de quoi séduire… mais pose surtout beaucoup de questions, et impose la prudence, estime la CSC.

La crèche d’entreprise n’est pas une alternative anodine, indique le syndicat chrétien, ajoutant que Les risques de dérives sont bien là:

- Des horaires de garde très flexibles proposés dans certaines entreprises supposent-ils la flexibilité du travailleur lui-même? Si c’est le cas, on peut imaginer les conséquences d’une telle situation: des journées très longues pour les enfants, et une vie familiale complètement esquivée face à la vie professionnelle.

- Les crèches d’entreprise posent également la question de la mixité sociale. Les enfants grandissent en "comité restreint", et les parents rencontrent les mêmes personnes à la crèche que celles qu’ils fréquentent au travail. La frontière entre vie privée et vie professionnelle s’embrouille un peu plus, avec tous les inconvénients que cela comporte pour toute la famille. Par ailleurs, on conseille généralement de placer son enfant dans une structure proche de son domicile, parce que cette position géographique permet une certaine polyvalence dans le couple: le père et la mère peuvent ainsi partager les trajets. Dans le cas d’un crèche d’entreprise, c’est toujours le même qui dépose et reprend son enfant.

- D’un point de vue strictement financier, ce repli en entreprise bouscule également la solidarité mise en place par les structures habituelles. L’installation d’une crèche représentant un investissement important pour l’entreprise, toutes ne peuvent pas se le permettre. Seuls les parents qui travaillent dans une structure riche, ou qui choisit d’en faire une priorité, profitent donc de cette alternative. Dans les secteurs moins forts ou moins sensibles au problème, les parents n’ont qu’à se débrouiller. Ca tombe bien, les autres ont dégagé des places d’accueil traditionnelles grâce aux crèches d’entreprise? Le calcul n’est pas si simple car la force des structures collectives est le nombre: plus il y a de demandes, plus on collectivise l’offre, et plus le système est avantageux pour tous. C’est le principe de la solidarité.

Fausse piste

"Il est difficile d’attaquer une initiative qui, dans les faits, dépanne un certain nombre de travailleurs et travailleuses, conclut la CSC. Le minimum est donc d’encadrer ces projets via une convention collective solide et bien négociée par la délégation syndicale de l’entreprise, en prévoyant des garanties pour ses usagers. Pour autant, le développement des crèches d’entreprise ne nous semble pas être la piste à privilégier. Ce n’est pas en rapatriant la vie familiale au sein de l’entreprise que l’on répondra valablement aux difficultés des parents qui travaillent. La véritable conciliation vie privée/vie professionnelle passe avant tout par des services collectifs forts, et donc correctement financés, et par la réduction collective du temps de travail."

Tags: Equilibre, Vie privée, Life Balance, Crèche, Famille

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