Management assistant reste une profession en pénurie
Les management assistants figurent depuis 15 ans au palmarès des professions en pénurie de manière ininterrompue. La multiplicité et la complexité de la fonction combinées à des problèmes d’image sont les principales causes de cette situation, indique OfficeTeam, division spécialisée de Robert Half International qui a analysé les raisons de cette pénurie structurelle.
Cette conclusion émane d'une étude réalisée à l'occasion de l’édition 2012 du Guide des salaires OfficeTeam qui donne un aperçu détaillé et très complet de la rémunération et des avantages complémentaires des professionnels administratifs en Belgique. Deux employeurs sur trois déclarent éprouver des difficultés à recruter des management assistants et seul un sur quatre affirme ne jamais avoir rencontré de problème. Selon l’ONEM, la cause de la pénurie de management assistants sur le marché du travail s’explique par la complexité de la profession. Outre les compétences techniques en bureautique, le multilinguisme et les aptitudes communicationnelles, les management assistants doivent être autonomes et proactifs, avoir le sens de l’organisation et endosser des responsabilités. Cette multitude de compétences est difficile à trouver chez une seule personne. Il s’agit donc en premier lieu d’une pénurie qualitative. Cela signifie que le nombre de candidats pour chaque offre d’emploi est suffisant, mais que trop peu d’entre eux disposent des bonnes compétences et du bon profil.
Sur base des études réalisées cette année et durant les cinq dernières années, OfficeTeam conclut que la pénurie persistante de management assistants et de profils administratifs spécialisés est due, d’une part, à l’image de cette fonction sur le marché du travail, au salaire et au profil exigé, et, d’autre part, à la situation sur le lieu de travail où l’impact du stress et de la communication avec le manager est prépondérant.
Manager en stress et en communication
Le stress constitue le fil rouge de la situation des management assistants sur le lieu de travail sur les cinq ans d’étude. En moyenne, près d’un management assistant sur deux déclare que le stress augmente chaque année et que ce problème devrait faire l’objet d’une approche plus professionnelle. Selon 56% des personnes interrogées, les entreprises font trop peu en la matière et sous-estiment l’impact de la pression au travail. Une large majorité (82%) considère toutefois le stress et la gestion de celui-ci comme un élément essentiel et quotidien de la fonction.
L’aspect stress est encore renforcé par les relations pas toujours faciles avec le manager qui a généralement une personnalité totalement différente de celle du management assistant. Pour plus de la moitié, ils ne sont pas toujours compris correctement par leur manager et deux tiers déclarent qu'ils sont en général sous-estimés au sein de leur entreprise. Un bon accompagnement sur le lieu de travail est donc indispensable. Une entreprise sur deux (55%) ne dispose cependant d’aucun programme de gestion des compétences et 61% n’ont aucune stratégie pour conserver les talents, et ce alors que 51% des management assistants ont besoin d’un tel soutien sur le lieu de travail.
Une large majorité (68%) déclare qu‘une communication ouverte et professionnelle est la meilleure arme contre le stress et la pression, et pour une bonne relation avec leur manager. Il n’est donc pas étonnant que 77% d’entre eux souhaitent travailler moins pour un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée. Pour 94% des personnes interrogées, cet aspect est plus important que la carrière (40%), la formation (24%) et la vie sociale (13%). Plus d’un management assistant sur deux considère cet équilibre comme une priorité et cherche à l’optimiser.
L’image et le salaire doivent être améliorés
La profession de management assistant doit faire face à un problème d’image sur le marché du travail depuis plusieurs années. 95% des management assistants et 81% de leurs managers sont d’accord sur ce point. Selon 85% des assistants, le grand public a une image erronée et partiale de la fonction, image renforcée par les médias selon 87% des personnes interrogées.
Il y a encore beaucoup de travail à accomplir en termes d’image. "Dans la pratique, les management assistants sont des personnes-clés dans leur département et leur entreprise, explique Isabelle Masset, Associate Director d’OfficeTeam en Belgique. La fonction exige en outre de nombreuses qualités de management en termes de transmission interne des connaissances, de négociation et d’organisation. Cela nécessite des compétences spécifiques en matière de flexibilité, de multitasking, de sens du service, de proactivité, de sens de l’initiative et de technologie. La réalité de la profession diffère donc fortement des clichés que beaucoup assènent aux management assistants."
Les salaires correspondent également trop peu à la pénurie sur le marché du travail. Il ressort des éditions successives du guide des salaires d’OfficeTeam que les salaires n’évoluent pas ou trop peu dans le temps, sauf en cas d’obligation légale telle que l’indexation. Un management assistant sur deux est par conséquent mécontent de son package salarial et 67% d’entre eux souhaitent une augmentation. 91% déclarent mériter un meilleur salaire et motivent leur avis en faisant référence aux responsabilités plus importantes (31%), au fait que leur expérience augmente (17%), qu’ils sont actuellement sous-payés (13%), qu’ils travaillent plus dur (12%) ou parce qu’ils veulent un salaire pour leur loyauté (12%).
Outre le fait que de nombreuses entreprises disposent à l’évidence de peu de marge pour des augmentations salariales, il s’avère également qu’elles font preuve de peu de créativité en ce qui concerne le package salarial dans son ensemble. On constate ainsi peu d’évolution à travers les années dans l’ensemble des avantages complémentaires qui se composent invariablement de chèques repas, d'une assurance groupe et hospitalisation, et d'une indemnité pour les déplacements domicile/lieu de travail. Pour rendre la profession plus attrayante sur le marché de l’emploi, les entreprises pourraient investir dans des avantages peu onéreux et plus créatifs tels que les éco-chèques, les chèques sport et culture, le remboursement de formations, la connexion Internet à la maison, un smartphone ou une garderie.
Malgré tout, le stress ou le salaire ne sont pas des raisons suffisantes pour changer rapidement de travail. Les management assistants sont des collaborateurs fidèles. 53% d’entre eux souhaitent rester dans la même entreprise à long terme et 61% ne se voient pas travailler dans une autre fonction que celle de management assistant. La faible mobilité sur le marché du travail contribue un peu plus à la pénurie de candidats expérimentés.
"Le fait que les management assistants figurent de manière ininterrompue depuis 15 ans dans la liste des professions critiques ne signifie pas que les entreprises doivent renoncer à tout espoir de pourvoir les postes vacants. Cela exige toutefois un management HR stratégique créant la capacité à long terme. En faisant appel à des employés administratifs temporaires les entreprises peuvent faire face de manière flexible et efficace à l’augmentation du volume de travail, au manque de personnel et à la pression du management. D’un autre côté, les entreprises peuvent favoriser le recrutement en investissant davantage dans le package salarial, dans la gestion de compétences et en appréciant à leur juste valeur les management assistants en fonction", conclut Isabelle Masset.


