Le rythme des embauches devrait rester faible pendant l’été
Les employeurs restent particulièrement prudents dans leurs décisions d’embaucher. C'est ce que laisse entendre le dernier baromètre Manpower sur les perspectives d'emploi. Neuf employeurs sur 10 prévoient toutefois de maintenir leurs effectifs au même niveau d’ici la fin du mois de septembre. Dans toute l'Europe, la crise de la dette continue d’enliser les intentions de recrutement. La confiance des employeurs se dégrade également en Allemagne.
Les résultats du Baromètre Manpower des perspectives d’emploi publié ce jour montrent que les employeurs belges – comme la plupart de leurs collègues en Europe – restent très prudents dans leurs décisions d’embaucher. En effet, sur les 751 employeurs belges interrogés fin avril par le spécialiste des ressources humaines, seulement 5% prévoient d’engager des nouveaux collaborateurs d’ici la fin mois de septembre contre 3% qui pensent supprimer des postes de travail. 91% des employeurs affirment vouloir n’effectuer aucun changement dans leur masse salariale.
Après correction des variations saisonnières, la Prévision Nette d’Emploi (*) – c'est-à-dire la différence entre les employeurs anticipant des créations d’emploi et ceux anticipant des diminutions d’emploi au sein de leur entreprise – s’élève +2, son niveau le plus faible depuis le 1er trimestre 2010. Cela marque peu de changement par rapport au trimestre précédent (baisse de 1 point), mais c’est un recul de 6 points par rapport au 3e trimestre 2011.
"Les résultats de l’enquête laissent apparaître peu de signaux qui tirent le marché de l’emploi vers le haut. Le contexte économique incertain continue de créer un climat peu propice aux embauches, offrant toujours peu de perspectives pour l’avenir, explique Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup Belgique-Luxemburg. En Belgique comme ailleurs dans le monde, les employeurs adoptent une stratégie de recrutement par intermittence. Ils prennent des décisions à court terme et augmentent ou réduisent leurs effectifs en fonction des situations, sans pouvoir mener une politique consistante dans la durée. On devrait s’attendre à ce qu’ils maintiennent cette approche au cours des prochains mois."
Perspectives légèrement négatives en Wallonie
Les employeurs wallons se montrent les plus incertains et rapportent une Prévision Nette d’Emploi légèrement négative pour le prochain trimestre (-1), son niveau le plus faible depuis le 1er trimestre 2010. C’est une baisse de 3 points en comparaison trimestrielle et de 10 points comparaison annuelle. Les perspectives d’emploi sont plus favorables dans les deux autres régions: modestes en Flandre (+2) et modérées à Bruxelles (+6).
Les employeurs de seulement quatre des 10 secteurs d’activité sondés en Belgique affichent des intentions de recrutement positives pour le 3e trimestre 2012. On observe les prévisions les plus optimistes dans le secteur de la Construction (+7) – un employeur sur dix y anticipe de créer de nouveaux emplois au cours du prochain trimestre –, suivi par les secteurs de l’Electricité, gaz et eau (+6), de l’Industrie manufacturière (+5) et des Activités financières, de l’assurance, de l’immobilier et des services aux entreprises (+4).
L’activité de recrutement devrait rester à l’arrêt dans trois secteurs: le Commerce de gros et de détail (0), les Services publics, l’éducation, la santé et les services collectifs (0) et les Industries extractives (0). A l’inverse, les perspectives d’emploi sont négatives dans les secteurs de l’Horeca (-1 – son niveau le plus faible depuis le 2e trimestre 2010), du Transport, de la logistique et des communications (-4 – son niveau le plus faible depuis le 3e trimestre 2009) et de l’Agriculture, de la chasse, de la sylviculture et de la pêche (-7 – son niveau le plus faible depuis le 1er trimestre 2006).
En comparaison trimestrielle, la Prévision Nette d’Emploi est en légère progression dans cinq secteurs alors qu’elle recule plus fortement dans cinq autres secteurs. La tendance baissière est plus marquée par rapport au 3e trimestre 2011, avec des prévisions en baisse dans neuf secteurs.
La confiance se dégrade en Allemagne
On observe une baisse significative de la confiance des employeurs allemands. En effet, Ils avaient jusqu’à présent tenu bon, mais plusieurs grandes entreprises ont annoncé récemment des plans de licenciements, ce qui se traduit par une baisse de 5 points de l’indice Manpower qui se fixe à +1, son niveau le plus bas depuis trois ans. C’est un niveau semblable à la France (+2) et au Royaume Uni (+1) où les employeurs se montrent très réservés. La crise de la dette continue d’enliser les intentions d’embauche en Europe avec sept pays rapportant des perspectives d’emploi négatives pour le 3e trimestre: Grèce (-13), Espagne (-6), Irlande (-6), Italie (-2), Hongrie (-2), Pays-Bas (-1, pour la première fois en négatif depuis le 2e trimestre 2010) et République Tchèque (-1).
Les résultats de l’enquête menée auprès de plus de 65.000 employeurs dans le monde met en évidence une contraction significative de l’emploi depuis l’an dernier. En effet, les intentions de recrutement fléchissent dans 26 pays et territoires sur 41 par rapport au 3e trimestre 2011. Les perspectives d’emploi restent néanmoins relativement stables dans 22 d’entre eux par rapport au trimestre précédent. Globalement, les employeurs de 33 pays et territoires rapportent une Prévision Nette d’Emploi encore positive pour le trimestre à venir.
Les perspectives d’emploi les plus optimistes sont rapportées par les employeurs en Inde (+50), à Taiwan (+37), au Brésil (+31), en Turquie (+27) et à Singapour (+23). Les intentions de recrutement restent relativement stables par rapport au trimestre précédent aux États-Unis (+11) et en Chine (+20).
Les résultats de la prochaine édition du Baromètre Manpower des perspectives d’Emploi seront diffusés le 11 septembre 2012 (3e trimestre 2012).
(*) La valeur de la Prévision Nette d'Emploi est obtenue en déduisant du pourcentage des employeurs anticipant une hausse de l'emploi total, le pourcentage des employeurs prévoyant une baisse de l'emploi dans leur entreprise pour le trimestre suivant. Il s'agit donc ici du solde net des prévisions d'emploi, qui peut être aussi bien positif que négatif. Les commentaires se basent sur les données désaisonnalisées, lorsqu’elles sont disponibles.
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