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Baromètre des Parents : l’épuisement et la pauvreté devraient inquiéter nos entreprises.

Avec son Baromètre des Parents, la Ligue des familles veut mettre les parents au cœur du débat public. Les responsables politiques sont invités à entendre les problèmes vécus par les familles. Et à lire les conclusions portées par Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles, il nous semble évident que nos entreprises seraient bien inspirées de les prendre en compte, elles aussi.

Trois années pour mesurer les évolutions des profils de familles et mieux cerner leurs besoins. Résultat ? Des tendances qui se confirment, des difficultés qui s’aggravent et des signaux d’alarme interpellants.

Cinq tendances qui se confirment…

Le modèle de la famille « classique » reste majoritaire mais diminue d’année en année. Il a perdu 4 % en à peine trois ans. Au total, 57 % des familles sont composées de papa/maman/les enfants sous le même toit. À leurs côtés, 23 % de familles sont monoparentales et 20 % sont recomposées. Au total, plus de 4 parents sur 10 ont connu une séparation.
Les familles monoparentales s’appauvrissent : plus de 1 parent solo sur 3 vit avec moins de 1 500 € par mois. C’est 6 points de plus que l’an dernier.
Les femmes et les familles monoparentales cumulent des difficultés de tous ordres. Rien de nouveau mais une nette aggravation au niveau financier et dans l’organisation de la vie quotidienne.

Les couples se séparent peu de temps après la naissance d’un enfant : 1 parent sur 4 se sépare avant le premier anniversaire du dernier enfant.
La course contre le temps ronge les familles. Faire baisser la pression et retrouver de l’air dans son quotidien est la priorité des parents en 2017. Pas étonnant, 8 parents sur 10 ont des difficultés pour concilier vie familiale et vie professionnelle. Toutes les familles sont touchées, quel que soit leur niveau de vie, leur composition familiale ou leur lieu de vie.

Et cinq signaux d’alarme.

Les parents craquent. Le syndrome d’épuisement parental s’installe : 1 parent sur 4 ressent un risque de burn-out souvent ou en permanence. C’est trois points de plus qu’en 2016. Les femmes sont plus exposées. De manière générale, mener de front vie de famille et travail est plus difficile. 8 parents sur 10 s’éreintent. Cette année, 73 % de parents sont fatigués et 66 % stressés par cette course contre le temps.

Les parents ont des horaires de fou. 1 parent sur 3 a besoin d’une solution de garde pour ses enfants avant l’ouverture et après la fermeture de la garderie de l’école ou de la crèche (ouverture en moyenne à 7h jusque 18h). Les conséquences négatives sur la vie de famille et le bien-être des enfants sont inévitables. Et les difficultés rencontrées par les parents le sont d’autant plus que l’offre d’accueil à ces horaires est minime, voire inexistante, autant à Bruxelles qu’en Wallonie.

Les parents rencontrent de plus en plus de difficultés pour trouver une place en crèche. Plus d’un parent sur deux insatisfaits. C’est deux fois plus qu’en 2015. La création de places prévues par l’ONE ne répond manifestement pas aux besoins des parents.
Les parents se heurtent au mauvais paiement des rentes alimentaires. Plus de 40 % de ces rentes sont payées de manière irrégulière ou pas du tout depuis 2015. Comme si c’était devenu une norme. Comme si c’était normal que les débiteurs ne payent pas et que les pouvoirs publics restaient impuissants pour garantir ce paiement.
Les parents se séparent vite. De plus en plus tôt après la naissance du dernier enfant. En moyenne, près de la moitié des parents séparés ne restent pas plus de dix ans avec le parent de leur·s enfant·s. C’est peu à l’échelle de vie d’une famille.

De bonnes nouvelles sur le plan de la paternité.

L’implication des hommes dans la famille s’intensifie et c’est une bonne nouvelle. Les mauvaises langues diront que c’est un effet de la séparation et qu’il n’y a pas de quoi pavoiser. En attendant, 2 pères sur 3 sont favorables à un congé de paternité obligatoire et ils sont de plus en plus nombreux à être à la tête d’une famille monoparentale (34 %). De même, l’hébergement égalitaire après une séparation augmente chaque année et concerne 1 parent séparé sur 3 en 2017.

Source : Ligue des Familles

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