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Effet positif de la transparence salariale: les écarts de rémunération entre les genres se réduisent de 7%.

Selon une étude menée par l’INSEAD (France), les mesures imposant la transparence des rémunérations ont permis de réduire de 7% les écarts de rémunérations entre hommes et femmes.Il s’agit certainement d’un pas dans la bonne direction, en vue d’atteindre rapidement une parfaite égalité de traitement entre les genres.

L’étude menée par l’INSEAD rappelle que les écarts de rémunérations subsistent dans la plupart des pays développés. Ainsi, en Allemagne, une femme gagne en moyenne 78,5% de la rémunération de son homologue masculin pour un travail équivalent. En Grande-Bretagne, le ratio est de 79% et il s’affiche à 83,8% pour les pays de la zone Euro selon les statistiques 2016 d’Eurostat.

La réglementation exigeant la transparence salariale a été imaginée afin de lutter contre cette réalité après de nombreux débats enflammés. Les opposants au principe de transparence s’appuient sur la caractère confidentiel des données salariales qui relèvent de la sphère privée et prétendent que l’impact d’une communication ouverte sur le sujet est non démontré voire inexistant.

De récentes recherches ont cependant démontré l’effet positif de la transparence sur le processus nécessaire de rattrapage salarial entre hommes et femmes au sein de nos organisations. Les économistes de l’INSEAD et de plusieurs universités danoises et américaines viennent de publier un rapport évaluant l’impact long terme de la législation introduite au Danemark en 2006 obligeant les entreprises à publier les différences salariales entre genres. Les conclusions semblent démontrer l’effet sensible de la réglementation sur la réduction des inégalités.

Depuis l’introduction de cette loi, les entreprises disposant d’un effectif supérieur à 35 personnes sont contraintes de communiquer les écarts salariaux. La loi leur impose par ailleurs de compter au minimum 10 hommes ou 10 femmes au sein de leur effectif. Les chercheurs ont analysé les données couvrant la période 2003-2008 en se focalisant sur les entreprises comptant de 35 à 50 collaborateurs. Ils les ont comparées ensuite à un échantillon d’entreprises comptant entre 25 et 34 collaborateurs, celles-ci n’étant donc pas soumises à la réglementation en question.

En moyenne, l’écart de rémunération était de 18,9% avant l’introduction de cette nouvelle loi, pour les deux échantillons d’entreprises, après avoir annulé les effets liés aux données démographiques, à l’expérience professionnelle et à la nature des fonctions occupées. Après introduction de la réglementation, cet écart est passé à 17,6% pour les entreprises concernées, soit une réduction de 7% – encore largement insuffisante, reconnaissons le.

« C’est la première fois que nous avons pu valider l’impact réel de la transparence salariale sur la réduction des inégalités. Bien entendu, celui-ci n’est sans doute pas très significatif. Toutefois, cette mesure devrait pouvoir être appliquée à l’échelon national, voire international. Il s’agit désormais de concrétiser une intention politique », explique Morten Bennedsen, Professor of Economics à l’INSEAD et à l’Université de Copenhague.

Modération de la croissance salariale.

Les chercheurs ont pu isoler un deuxième effet lié à l’introduction de cette législation: au cours de la période de référence, ils observent que les salaires des collaborateurs masculins au sein des entreprises concernées ont évolué moins rapidement. Daniel Wolfenzon, Professor of Finance and Economics et président de la Finance Division à la Columbia Business School explique: « La manière dont l’écart salarial se réduit nous a surpris davantage encore. Les salaires des femmes n’ont pas augmenté soudainement. En fait, ce sont les rémunérations des hommes qui ont évolué moins rapidement que dans d’autres entreprises. Globalement, les organisations soumises à cette réglementation ont observé une forme de modération salariale plutôt inattendue.

« En fait, il semble que la ‘publicité’ donnée aux écarts de rémunération a permis aux managers de contenir voire de refuser les exigences d’augmentation des collaborateurs masculins, » reprend Morten Bennedsen.

Les chercheurs ont encore pu identifier d’autres variables significatives: la réduction de l’écart salarial s’avère plus rapide et plus significative au sein des entreprises dont les dirigeants appartiennent à un cercle familial plus divers. Les entreprises soumises à la réglementation ont également connu une croissance de la représentation féminine de 4% dans leur recrutement. Les promotions offertes aux collègues féminines ont par ailleurs connu une réelle augmentation.

Y a-t-il eu des conséquences négatives observées lors de l’introduction de cette nouvelle réglementation? On constate que un ralentissement de productivité de l’ordre de 2,5% au sein des entreprises concernées. Mais cette diminution a été compensée par la réduction de 2,8% des coûts salariaux totaux.« Il est possible que la transparence ait aussi un effet démotivationnel sur les collaboratrices qui constatent que leur niveau de rémunération est inférieur à celui de leurs homologues masculins. L’insatisfaction de ces derniers quant à leur évolution salariale peut aussi constituer une grille d’explication. »

 

Source : INSEAD

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