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Harcèlement au travail: les femmes et les hommes semblent égaux face à un phénomène de discrimination croissant.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) veut élaborer de nouvelles normes mondiales afin de lutter contre le phénomène du harcèlement au travail. Grâce à son Baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi, elle souligne que la question du genre n’est pas vraiment pertinente en la matière. Par contre, l’origine ethnique et l’orientation sexuelle semblent être des critères ‘déclencheurs’ de situation dite de harcèlement professionnel. L’étude se base sur des données recueillis en France.

Près d’une personne sur quatre en France déclare avoir fait l’objet de propos ou de comportement sexistes, homophobes, racistes, liés à la religion, handiphobes ou encore liés à l’état de santé au travail. C’est l’un des résultats mis en avant dans le Baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi réalisé par le Défenseur des droits et le bureau pour la France de l’Organisation internationale du Travail (OIT) dont la 11e édition vient d’être publiée.

L’enquête menée en 2016 par le Défenseur des droits est basée sur un échantillon représentatif de la population française. Elle montre que le phénomène de la dévalorisation au travail touche les femmes et les hommes de manière quasi-égale. Ainsi, 33 pour cent des hommes et 32 pour cent des femmes interrogé(e)s déclarent avoir eu l’impression d’être dévalorisés injustement au cours des 5 dernières années.

Toutefois, une étude plus affinée montre que certains groupes sociaux sont plus particulièrement exposés aux propos et comportements stigmatisants. Ainsi, les femmes perçues comme non-blanches entre 18 et 44 ans sont 54 pour cent à déclarer avoir été l’objet de propos et de comportements stigmatisants ainsi que 43 pour cent des femmes en situation de handicap.

Si les hommes perçus comme blancs et âgés de 35 à 44 ans sont peu concernés (11 pour cent), 40 pour cent des hommes homosexuels ou bisexuels, ainsi que 40 pour cent des jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes se rapprochent de la situation observés chez les femmes.

L’étude met également en évidence que ces comportements se retrouvent aussi bien dans le secteur public (27 pour cent), le secteur privé (25 pour cent) et un peu moins chez les travailleurs indépendants (22 pour cent). «La plupart du temps, ces faits se produisent dans un contexte d’hostilité professionnelle incluant des expériences de discrimination et de dévalorisation au travail qui s’accumulent, conduisant au harcèlement discriminatoire».

L’excuse de l’humour

L’étude signale également que ces phénomènes sont souvent minimisés au travail, en particulier quand les auteurs de ces propos et comportements déclarent avoir voulu faire de l’humour.

Les résultats du Baromètre permettent également d’établir des liens entre les phénomènes de harcèlement et la discrimination. Cela permettrait notamment aux victimes de saisir la justice et le Défenseur des droits. D’où également la nécessité, pour les auteurs, d’intégrer les propos et comportements sexistes, racistes, homophobes, liés à la religion, handiphobes ou liés à l’état de santé à une démarche de prévention globale.

“L’OIT a entamé un processus qui vise à aboutir à de nouvelles normes mondiales … afin d’aider les gouvernements à mieux lutter contre la violence et le harcèlement au travail.» Cyril Cosme, directeur du bureau de pays de l’OIT pour la France : «Les situations décrites dans notre Baromètre concernent la France mais elles ne sont pas spécifiques à un seul pays. C’est pourquoi l’OIT a entamé un processus qui vise à aboutir à de nouvelles normes mondiales, sous la forme d’une convention contraignante et d’une recommandation, afin d’aider les gouvernements à mieux lutter contre la violence et le harcèlement au travail».

Source : OIT

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