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L’OCDE invite la Belgique à alléger ses réglementations et à reprendre ses investissements publics afin d’améliorer sa productivité.

Le ministre de l’emploi Wouter Beke a présenté hier l’étude de l’OCDE sur la productivité en présence du secrétaire général de l’OCDE José Ángel Gurría. Il en ressort que la Belgique compte toujours parmi les économies les plus productives au monde (4ème position, après l’Irlande, le Luxembourg et la Norvège), même si notre productivité du travail est inférieure à la moyenne de l’OCDE depuis déjà deux décennies. 

D’un point de vue macroéconomique, la croissance de la productivité du travail est égale au rapport entre la croissance du PIB réel et la croissance de l’emploi. Une augmentation de la productivité du travail spontanée à la suite d’une croissance économique relativement importante (avec une croissance acceptable de l’emploi) est évidemment positive. En revanche, une augmentation de la productivité du travail liée à une faible croissance du PIB en cas de baisse de l’emploi est problématique et peut difficilement être qualifiée de trajectoire de croissance inclusive.

En d’autres termes, il s’agit de vérifier dans ce cas spécifique si le net recul de la croissance de productivité en Belgique au cours des dernières décennies s’explique par des éléments structurels défavorables (notamment le manque d’investissements ou le marché du travail étriqué) ou par des mesures ayant stimulé la création d’emplois réguliers dans le secteur privé et dès lors aussi la croissance économique (ralentissant ainsi la croissance de la productivité du travail).

L’OCDE écarte un peu vite cette dernière possibilité, partant du constat que le taux d’emploi est resté relativement faible parmi les personnes peu qualifiées. Pourtant, bon nombre de mesures ont été prises au cours des décennies écoulées pour créer de nombreux emplois dans le circuit régulier (chèques-services à partir de 2004, baisses structurelles des charges en 2000-2013, caisse blanche dans l’horeca à partir de 2014, saut d’index en 2015, tax shift en 2016-2020).

La croissance relativement plus lente de notre productivité s’explique donc en partie par ces mesures et ne doit pas être jugée négative puisqu’elles ont contribué à une augmentation sensible du taux d’emploi de 65 à 70%. La croissance de la productivité (microéconomique) dans notre pays est indubitablement freinée aussi par des éléments véritablement structurels.

Pour y remédier, la politique de réformes socioéconomiques doit être poursuivie et intensifiée. A cet effet, l’OCDE suggère un plan d’action en 7 points. En voici quelques-uns :

• Dans le secteur du commerce, la réglementation pourrait en effet être davantage assouplie eu égard notamment aux heures d’ouverture, aux soldes et à la possibilité d’engager du personnel en soirée (crucial pour l’e-commerce).

• La FEB soutient les recommandations de l’OCDE encourageant à miser davantage sur l’apprentissage tout au long de la vie. Les employeurs investissent déjà beaucoup dans une bonne offre de formations, mais le taux de participation est très faible (8,6%), rendant ainsi insuffisants les efforts de la population belge. Une culture d’apprentissage permanent fait défaut chez nous. Par ailleurs, toute personne en âge de travailler doit davantage gérer sa carrière et un compte individuel de formation peut aider dans ce cadre.

• L’OCDE recommande une concertation salariale davantage décentralisée avec plus de libertés au niveau des négociations salariales. Mais comme la Belgique connaît déjà beaucoup d’automatismes dans la formation des salaires (indexation automatique et augmentations barémiques), une certaine standardisation de la marge salariale restante s’impose. La situation serait différente s’il n’y avait pas l’indexation automatique ou les barèmes.

• L’OCDE plaide pour plus d’investissements publics. La FEB est l’un des pionniers du ‘Pacte national pour les investissements stratégiques’, crucial pour stimuler la croissance économique. En 2011-2015, les investissements publics en capital fixe s’élevaient à seulement 2,4% du PIB en Belgique, soit 0,6 point de pour-cent de moins que la moyenne des 3 pays voisins. C’est également moitié moins que sur la période 1970-1983. Pour le dire en boutade, cela suffit tout juste pour combler les trous dans nos routes. Nous estimons dès lors qu’il est crucial d’intensifier les investissements publics productifs dans la numérisation, l’énergie et la mobilité.

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) déclare : « Le potentiel de notre pays est encore élevé. Mais, pour l’exploiter, des réformes socioéconomiques profondes s’imposent. Celui qui plaide en faveur de la libre négociation des salaires, doit aussi oser plaider pour la suppression de l’indice-santé et des augmentations barémiques automatiques. Sinon, la norme salariale actuelle reste un contrepoids nécessaire, qui garantit un équilibre entre la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des travailleurs. Cet équilibre doit être préservé dans le cadre de chaque réforme. Cette recommandation, et d’autres encore, constituent sans aucun doute un apport intéressant pour la formation des gouvernements aux différents niveaux, ».

Source: FEB

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