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Peoplesphere

On va vous dire à quoi servent les ‘bullshit jobs’ !

Reconnaissons avant d’entamer cette nouvelle promenade que nous avons peut-être été un peu injustes envers certaines castes professionnelles. En les rangeant trop rapidement parmi ce que l’on appelle aujourd’hui les ‘Bullshit Jobs’ – ou, en français familier : jobs à la con -, nous n’avons pas voulu mépriser certains métiers mais bien mettre en évidence l’urgence de se réinventer de ces fonctions menacées à terme.

La sortie du nouvel ouvrage de David Graber, Dette : 5000 ans d’histoire, connaît un immense succès de librairie. L’anthropologue et professeur à la London School of Economics est le créateur de la notion de Bullshit Job imaginée après 5 ans d’enquête. Celle-ci a désormais fait le tour du monde. Il postule que la société moderne repose sur l’aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau qui sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles et sans réel intérêt, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société. Le phénomène désigne donc des emplois vides de sens, inutiles ou superficiels et concerne un nombre de plus en plus important de travailleurs…

L’ouvrage est considéré par d’aucuns comme ‘salvateur et lumineux’. Nous ne le pensons pas. Attention en effet à la généralisation…

Que des ‘Bullshit Jobs’ existent, cela ne fait aucun doute. Toutefois, nous pensons que vouloir les éliminer est un danger voire une hérésie. Pousser une communication effrénée sur le sujet ne sert qu’à générer une vague de stress et de désenchantement d’une puissance destructrice redoutable. Et surtout, il y a une valeur réelle dans un très grand nombre de ces fonctions dénigrées par des chercheurs et des média qui nient en quelque sorte tout un pan de la vie quotidienne de nos organisations.

Des data et des hommes (bien sûr, les femmes sont là aussi)

Les tâches de management – souvent abstraites, il est vrai -, d’encadrement et de contrôle ne sont pas aussi inutiles que nous ne le pensons parfois. Elles s’inscrivent notamment dans le processus de transformation digitale de nos entreprises, un processus qui a démarré il y a longtemps déjà et qui connaît une formidable accélération aujourd’hui.

Si nous devions décrire l’univers entrepreneurial aujourd’hui, nous utiliserions volontiers l’expression suivante : des data et des hommes (sans a priori de genre, faut-il le préciser). Et dans ce contexte, une majorité de ce qu’il semble convenu d’appeler désormais des ‘bullshit jobs’ sert à créer du lien entre ces deux composantes majeures.

Il s’agit de veiller à ce que les données communiquent entre elles pour être signifiantes.
Il faut absolument que certains d’entre nous prennent soin à ce que nos collaborateurs se retrouvent assis autour d’une même table et soient réunis par des objectifs communs.
Il importe encore que les informations (ces fameuses ‘data’) aient du sens et qu’elles puissent être traduites en action…

Bref, nous avons grandement besoin de personnes, au sein de nos organisations, qui ne ‘fabriquent’ peut-être rien mais qui construisent des ponts et passerelles entre les data et les hommes. La mise en relation n’est sans doute pas une activité concrète. Elle mérite bien cependant qu’une énergie importante lui soi consacrée.

En intervenant de la sorte, les détenteurs des ‘Bullshit Jobs’ peuvent remplir un rôle d’une importance critique pour leurs entreprises.
Ils peuvent aller bien au-delà encore… en nous rappelant à quel point il est essentiel aujourd’hui que nous replaçions la qualité des interactions au centre de toutes nos activités. Car la quête de performance et la course aux indicateurs (dont je peine chaque jour davantage à croire qu’ils puissent être qualitatifs) nous a certainement contraint à mettre de côté le soin apporté à réaliser de beaux ouvrages. Il n’est pas trop tard. Et nous aurons besoin de tout le monde pour y arriver.

Jean-Paul ERHARD

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