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Pénurie des talents : de plus en plus d’entreprises y répondent par la formation interne.

Face au statu quo dans les pénuries de main d’œuvre en Belgique, nos entreprises misent résolument sur la formation de leurs propres talents. 24% des entreprises belges interrogées restent en effet confrontées aux pénuries de talents. Comment réagir ? En une année seulement, multiplication par 3 du nombre d’entreprises engagées dans un plan de formation interne.

Malgré l’actualité sociale observée ces dernières semaines, le paradoxe du déséquilibre entre l’offre et la demande de compétences reste bien ancré dans la réalité du marché de l’emploi en Belgique. En effet, 24% des 751 entreprises belges sondées par ManpowerGroup à l’occasion de son enquête annuelle sur les pénuries de talents déclarent rencontrer des difficultés de recrutement en 2016. Le niveau de pénuries, le constat et les causes restent assez semblables par rapport à l’an dernier. Mais les employeurs se montrent plus entreprenants que par le passé pour tâcher de surmonter les pénuries de main d’œuvre. 51% d’entre eux investissent dans la formation et le développement des compétences de leurs salariés afin d’améliorer leur position concurrentielle. Décryptage des 6 principaux enseignements de l’enquête ManpowerGroup.

1. Les difficultés de recrutement sont identiques à l’an dernier au niveau national mais ont augmenté en Flandre.
Au niveau national, 82% des employeurs interrogés estiment éprouver les mêmes difficultés à recruter qu’il y a an. Les pénuries de talents touchent près d’une entreprise sur quatre (24%), se situant au même niveau qu’en 2015. dernier. Un chiffre bien deça de la moyenne observée au niveau mondial (40%) et de la région EMEA (36%) – voir constat n°5 et 6. Les trois régions du pays sont touchées de façon différente : les pénuries se sont accentuées en Flandre (31%, en hausse de 5 points par rapport à 2015), alors qu’elles ont diminué à Bruxelles (22%, baisse de 4 points) et en Wallonie(13%, baisse de 5 points).

2. Quels sont les postes les difficiles à pourvoir ?
Le Top 10 des postes pour lesquels les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement est sans surprise à nouveau dominé par les fonctions techniques et manuelles. En tête du classement, les ouvriers qualifiés, suivis par les chauffeurs et les techniciens (maintenance, production). Viennent ensuite le personnel administratif (souvent multilingues), les commerciaux et les sales managers. Les métiers de la santé font leur apparition en 7e et 8e position avec d’une part les médecins et les professionnels de la santé (hors infirmiers), et d’autre part les infirmiers. La transformation digitale et les évolutions technologiques permanentes mettent sous pression la demande des métiers de l’informatique (9e, mais en tête du classement à Bruxelles). Enfin les ouvriers non qualifiés occupent la dixième position de ce classement.

Au niveau régional, la première place est occupée par les chauffeurs en Flandre, les informaticiens à Bruxelles et les ouvriers qualifiés en Wallonie. On observe des difficultés de recrutement pour les project managers (6e) et les fonctions de management et de direction (7e) en Flandre; pour les agents de sécurité (8e, nouveau dans la liste) et le personnel horeca (9e) à Bruxelles; et les infirmiers (2e), les ingénieurs (6e) en Wallonie.

3. Pourquoi les employeurs déclarent éprouver des difficultés à trouver les bons profils ?
Le manque de candidats disponibles/ absence ce candidats (26%) et le manque de compétences techniques (18%) sont les deux principales raisons invoquées par les employeurs. Le manque d’expérience (17%) et le manque de soft skills (compétences liées au savoir être et à la personnalité) sont également mis en avant par les recruteurs (16%).

4. Priorité à la formation et au développement des compétences du personnel en place.
Les employeurs se montrent plus entreprenants que par le passé pour tâcher de surmonter les pénuries de main d’œuvre. 51% des employeurs interrogés (contre seulement 17% l’an dernier) déclarent former et développer les compétences de leurs collaborateurs pour combler les postes vacants. Ils recrutement également davantage à l’extérieur de leur vivier habituel (48%) – jeunes ou candidats plus âgés, autres zones géographiques – ou sont prêts à offrir des avantages (38%) ou des salaires plus hauts (29%). D’autres ont davantage recours à l’externalisation de tâches (outsourcing) (30%), explorent des stratégies de recrutement alternatives (travail flexible, intérim) (29%) ou modifient leurs modes d’organisation (télétravail, horaires flexibles) ( 22%).

Philippe Lacroix, Managing Director , ManpowerGroup BeLux, commente les résultats de cette nouvelle édition de l’étude : « Le talent est souvent à portée de mains au sein même de l’entreprise. La formation est essentielle pour maintenir la performance de l’entreprise et surtout développer les compétences dont elles auront besoin demain. Les entreprises en sont conscientes et notre enquête montre que ce recours accru à la formation est la stratégie suivie par la plupart des employeurs dans le monde. En agissant de la sorte, elles améliorent l’employabilité au sein de leurs équipes, ce qui représente un enjeu majeur dans cette période de changement permanent. C’est une responsabilité partagée entre l’employeur et le salarié. Et aujourd’hui,l’employabilité ne dépend pas tant de ce que vous savez déjà, mais davantage de votre capacité à apprendre, à appliquer et à vous adapter. »

5. Quelle est l’ampleur des difficultés de recrutement dans le monde ?
Au niveau mondial, 40% des 42.000 employeurs interrogés par ManpowerGroup dans 43 pays et territoires déclarent avoir des difficultés à trouver le profil adéquat. C’est le score le plus élevé depuis 2007, en progression de 2 points par rapport à 2015 (38%). Les pays les plus touchés sont dans l’ordre : le Japon (86%) – à nouveau en tête en raison du vieillissement de sa population – Taiwan (73%), la Roumanie (72%), Hong Kong (69%) et la Turquie (66%). On observe des chiffres moins élevés mais toujours supérieurs à la moyenne mondiale, en Inde (48%) et aux Etats-Unis (46%). A l’inverse, les employeurs chinois semblent peu impactés par le problèmes des pénuries de talents(10%).

6. Situation contrastée en Europe
Dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Asie), 36% des employeurs rencontrent des difficulté à trouver du personnel qualifié. La pénurie de talents n’avait plus atteint un niveau aussi élevé depuis 2006, en progression de 4 points par rapport à 2015 (32%). Le manque de main d’œuvre se fait cependant ressentir de façon assez contrastée selon les pays sondés. On observe les plus grosses difficultés en Roumanie (72%), Turquie (66%), Bulgarie (62%) et en Grèce (59%). Les pays les moins touchés sont la Norvège (+16%), les Pays-Bas (17%) et Royaume-Uni (18%). Les employeurs allemands sont fortement impactés (49%). L’Italie (31%) et l’Espagne (26%) se situent en-dessous de la moyenne européenne, tandis que les difficultés de recrutement en France (23%) sont quasiment identiques à celles que connaissent les employeurs en Belgique (24%).

Note méthodologique : Pour la 11e édition de son étude annuelle sur les pénuries de talents dans le monde, ManpowerGroup a interrogé près de 42.000 employeurs dans 43 pays et territoires fin juillet 2016 afin d’évaluer l’ampleur des difficultés rencontrées dans leurs recherches de talents, connaître les emplois les plus difficiles à pourvoir et pour quelles raisons, mieux comprendre l’impact de cette situation sur la bonne marche de leur entreprise et connaître les stratégies mises en place pour remédier à la pénurie de talents.

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