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Peoplesphere

Rapport du Conseil Supérieur de l’Emploi: la Belgique ne parvient pas à intégrer les immigrés non-UE sur le marché du travail.

Le 17 octobre, le Conseil supérieur de l’emploi présente son rapport consacré à la situation des immigrés nés en dehors de l’Union européenne sur le marché du travail en Belgique. L’ occasion de ‘situer’la Belgique face au défi de l’intégration des immigrés sur son marché du travail… Et de constater que l’immigration a été régulièrement sollicitée pour soutenir le développement économique du pays, mais qu’aujourd’hui, le taux d’emploi des immigrés non-UE avoisine les 50 %, soit un niveau de 20 points de pourcentage inférieur à celui des personnes nées en Belgique. En comparaison des autres pays de l’UE, il s’agit du taux d’emploi le plus faible et du troisième écart le plus grand!

L’intégration sur le marché du travail dépend notamment des caractéristiques des immigrés. Or, par rapport à la moyenne de l’UE, la Belgique attire proportionnellement plus d’immigrés non-UE dans le cadre d’un regroupement familial ou pour des raisons humanitaires ou de protection internationale. À l’inverse, moins d’immigrés viennent à l’origine pour un emploi ou poursuivre des études. Comparativement aux natifs, ils présentent une part plus grande de personnes faiblement éduquées.

Sur la base des estimations, 23 % seulement de l’écart entre le taux d’emploi des natifs et des immigrés nés en dehors de l’UE peut s’expliquer par leurs caractéristiques personnelles (âge, genre, région d’habitation, niveau d’éducation). C’est le niveau d’éducation qui constitue le principal déterminant. La partie inexpliquée peut être due à des facteurs qui n’ont pas pu être inclus dans l’analyse, comme le statut matrimonial ou le nombre d’enfants qui influencent la décision de participer ou non au marché du travail, notamment chez les femmes. Le réseau social peut aussi jouer un rôle important. Les conséquences de discriminations ne peuvent pas être exclues non plus.

Des emplois de qualité ?

L’accès à l’emploi n’est pas le seul problème que les immigrés non-UE rencontrent sur le marché du travail, la qualité de leur emploi est aussi en question. Ils occupent des emplois plus précaires et moins rémunérateurs que les natifs. Ils sont les plus présents dans des branches telles que les activités de services administratifs et de soutien ainsi que l’Horeca qui sont celles où les salaires sont les moins élevés. En 2016, le revenu des personnes nées en dehors de l’UE était inférieur de plus de 43 % à celui des natifs. Ils ont également des carrières professionnelles moins stables avec des épisodes de chômage et des périodes d’inactivité plus nombreux. L’inactivité est particulièrement répandue parmi les femmes immigrées non-UE, 61 % d’entre elles sont au foyer alors que ce n’est le cas que de 25 % des femmes natives.

Comment redresser la situation?

L’efficacité des politiques devra être mesurée au travers d’un objectif lisible, ambitieux et réaliste. Pour cela, il faut tenir compte de l’ensemble des personnes nées en dehors de l’UE et non uniquement de celles ayant une nationalité hors UE. Relever leur taux d’emploi au niveau de l’actuelle moyenne européenne semble répondre à ces critères. Le Conseil propose l’objectif 10/10. Il s’agit de relever de 10 points de pourcentage en 10 ans le taux d’emploi des personnes nées en dehors de l’UE, soit le faire passer de 52 à 62 %. Par sa simplicité en termes de formulation et de suivi, il constitue un message clair adressé à tous les acteurs politiques et économiques, ainsi qu’à la population, quant à la nécessité d’agir sans plus tarder.

Le Conseil a ainsi identifié dix leviers d’actions qui s’articulent autour de deux axes: la politique migratoire définissant les conditions d’accès au territoire et la politique d’insertion sur le marché du travail.

I. Adapter les conditions d’accès au territoire
1. Revoir les conditions du regroupement familial
2. Mettre en place un plan d’intégration familial
3. Simplifier les procédures administratives des employeurs et des immigrés
4. Attirer les « talents »
5. Accéder plus rapidement et sans restriction au marché du travail

II. Repenser l’insertion sur le marché du travail
6. Mesurer pour comprendre et apporter des réponses adaptées
7. Intégrer plus efficacement grâce à la priorité donnée au travail
8. Rendre plus efficace et plus rapide la reconnaissance des compétences et des diplômes acquis à l’étranger
9. Valoriser la diversité et lutter contre la discrimination
10. Coordonner les initiatives locales

Commentant le rapport du CSE sur les ondes de la RTBF, Cécile Thoreau qui analyse les politiques d’immigration et d’intégration à l’OCDE, relève: « Peu de pays comparables à la Belgique combinent ces deux handicaps: le premier est celui de l’accès au marché du travail. Le second est pour ceux qui sont employés, en particulier les plus diplômés d’entre eux, le problème de la qualité de leur emploi. »

Jean-Michel Lafleur, directeur associé au Cedem, le centre des études ethniques et de migration à l’ULG conclut pour sa part sur un paradoxe: « D’un côté, dit-il, c’est un gâchis de ne pas proposer à ces diplômés de poursuivre des recherches en Belgique ou d’intégrer le marché du travail, qu’ils ont fort probablement approché à l’occasion de stages. La Belgique leur ferme les portes alors qu’elle les a formés et que cette formation a un coût. D’un autre côté, tant mieux s’ils retournent avec un tel bagage dans un pays en voie de développement… »

Source : SPF Emploi – RTBF

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