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Le travail assis, c’est le nouveau tabagisme! Comment les employeurs peuvent-ils inciter leurs travailleurs à bouger davantage?

La Semaine du Rythme cardiaque se déroulera du 17 au 21 juin. Or, une journée de travail classique n’est pas bonne pour le coeur. Rester assis, sans bouger, toute la journée… Le travail en position assise peut accentuer les risques de problèmes cardiaques et de cancer. Il est dès lors important d’inciter vos collaborateurs à bouger. Leur santé s’en trouvera sensiblement améliorée à long terme. Voici quelques conseils pratiques que vous pouvez immédiatement mettre en oeuvre.

C’est James A. Levine, chercheur et médecin, qui a qualifié la position assise de nouveau tabagisme. La comparaison est bien entendu légèrement réductrice et fumer est une habitude bien plus fatale mais cela ne signifie pas qu’il faille sous-estimer les risques qu’implique pour la santé le fait de rester assis à longueur de journée. L’évolution a fait de l’homme un être bâti pour l’activité. Faire bouger nos unités motrices améliore notre condition. Notre coeur, par exemple, doit continuellement pomper le sang de nos membres inférieurs vers le haut du corps, ce qui est plus facile lorsque les muscles des mollets sont activement sollicités.
Quiconque reste assis ou ne bouge pas toute la journée durant court dès lors un plus grand risque cardiovasculaire. Des varices ou des caillots de sang peuvent se former. Le corps humain a besoin de longues périodes de mouvement. Plusieurs études l’ont démontré. En 2012, une étude finlandaise a établi que des symptômes musculo-squelettiques, qui provoquent des douleurs modérées à fortes et de l’inconfort dans la vie quotidienne, se produisent plus souvent chez les jeunes adultes utilisant un ordinateur qui passent de longues heures devant un écran.

Risque de décès prématuré

Le Workplace Health Expert Committee (WHEC), une commission indépendante de scientifiques et d’experts médicaux, en a récemment appelé au lancement d’autres recherches sur les effets d’un travail assis sur la santé. Une étude antérieure, menée auprès de plus de 68.000 femmes, a par ailleurs démontré que le risque de développer un diabète de type 2 diminue de 34% pour chaque heure de marche rapide effectuée chaque jour. Une étude britannique a également découvert un risque moindre de décès chez les femmes qui ont une activité non statique.

En 2016, le Lancet a collecté les données de treize études effectuées, au total, auprès de plus d’un million de personnes. Il en a lui aussi conclu que le risque de décès prématuré s’accroissait bel et bien à mesure que la position assise se faisait plus fréquente. La probabilité est particulièrement élevée chez les personnes qui restent assises huit heures par jour ou plus. L’analyse a par contre révélé que le risque n’augmentait pas chez les personnes qui pratiquent une activité intense de 60 à 75 minutes par jour, même si elles doivent s’installer derrière leur écran le restant de la journée.

Bouger un peu plus pendant la journée peut donc faire toute la différence.

L’environnement professionnel peut y jouer un rôle important. Les entreprises se concentrent essentiellement, à court terme, sur la réduction de l’absentéisme. Or, bouger davantage a un effet bénéfique sur la santé des collaborateurs à plus long terme. Quelques petits aménagements – une technique de motivation que nous appelons “nudging” – suffisent pour pousser les collaborateurs dans la bonne direction. Il est important, pour commencer, de créer un culture qui autorise une activité physique sur le lieu de travail. Lorsque ce n’est pas le cas, les collaborateurs n’oseront généralement pas prendre eux-mêmes l’initiative.

1. Favoriser l’activité au travail
L’employeur a la possibilité de minimiser fortement les obstacles. Les collaborateurs pourraient par exemple tenir leur réunion en marchant. Ou, lorsqu’ils doivent discuter de quelque chose, le faire tout simplement pendant une courte promenade. Si cette pratique n’est pas considérée comme normale sur le lieu de travail, personne ne le proposera.

2. Proposez des bureaux aménagés
Un petit investissement dans du mobilier de bureau peut également s’avérer utile. Il existe par exemple des tables dont on peut aisément régler la hauteur. D’une simple pression sur un bouton, la table s’abaisse ou remonte électroniquement. Cela permet aux collaborateurs d’alterner heure de travail debout et période en position assise.

3. Encouragez les pauses actives
Planifiez, par exemple, une demi-heure d’activité chaque midi. Si quelque chose figure à notre agenda, nous sommes davantage enclins à le faire. Sinon, il ne se passera bien souvent rien.

4. Organisez des activités de groupe dynamiques
Il est de coutume, dans certaines entreprises, d’aller prendre un verre ensemble, chaque semaine, au café. C’est une bonne chose pour socialiser mais une activité physique pourrait tout aussi bien jouer ce rôle.

5. Sensibilisez les collaborateurs à leur déficit d’activités
Des podomètres permettraient par exemple aux collaborateurs de se rendre compte combien ils bougent peu pendant leur journée de travail. Savoir, c’est pouvoir: grâce à cette prise de conscience, vos collaborateurs prendront peut-être l’habitude de garer leur voiture un peu plus loin. Ou de venir travailler, certains jours, à pied ou en vélo.

La Semaine du Rythme cardiaque est le moment idéal pour nous rappeler l’impact que quelques petits aménagements dans la culture au travail peut avoir. Chacun en tirera profit. N’hésitez donc pas à franchir les premiers “pas” dès à présent…

Source : Edelhart Kempeneers, Directeur médical Attentia

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